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Écrit 22

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بِاسْمِهِ  ·  وَاِنْ مِنْ شَىْءٍ اِلاَّ يُسَبِّحُ بِحَمْدِهِ

En Son nom, Gloire à Lui

« Il n’y a aucune chose qui ne chante Sa louange »

Cet écrit se compose de deux thèmes de recherche. Le premier appelle les croyants à la fraternité et à l’affection.

Premier thème de recherche

 · 

اِنَّمَا الْمُؤْمِنُونَ اِخْوَةٌ فَاَصْلِحُوا بَيْنَ اَخَوَيْكُمْ

اِدْفَعْ بِالَّتِى هِىَ اَحْسَنُ فَاِذَا الَّذِى بَيْنَكَ وَبَيْنَهُ عَدَاوَةٌ كَاَنَّهُ وَلِىٌّ حَمِيمٌ

وَالْكَاظِمِينَ الْغَيْظَ وَالْعَافِينَ عَنِ النَّاسِ وَاللهُ يُحِبُّ الْمُحْسِنِينَ

« Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux ! »

« Les Croyants ne sont que des frères. Ramenez donc la paix entre vos deux frères » (Les appartements:10)

« Repousse de la plus belle manière et voilà que celui avec qui tu avais une animosité devient tel un ami chaleureux » (Les détaillées: 34)

« Ceux qui refoulent leur colère et qui pardonnent aux gens. Et Dieu aime les gens de bien » (La famille de Imran: 134)

La partialité, l’abstinence et l’envie causent l’hypocrisie et la division des croyants et apporte la haine, la rancune et la rivalité dans leurs cœurs. Cela est tout-à-fait inacceptable. Cela est inconcevable par l’intelligence et par la sagesse ainsi que par l’Islam, qui représente l’âme de l’Humanité. De surcroît, la rivalité est un genre d’injustice qui gâche la vie humaine sur tous les plans: personnel, social et moral, c’est même un poison.

Cette vérité a de nombreux côtés. Nous allons en démontrer six:

Le premier aspect: La rivalité entre les humains (qui sont considérés comme des frères) est une injustice aux yeux de l’intelligence. Cela est adressé à celui dont le cœur est plein de rancune et de rivalité envers son frère croyant: suppose que tu es sur un navire ou chez toi et que tu sois en compagnie de neuf personnes innocentes et d’un criminel. Supposons que tu aies vu quelqu’un en train d’essayer de faire sombrer le navire ou de détruire la maison sur vos têtes. Dans ce cas, tu vas sans aucun doute crier à pleins poumons pour protester contre l’injustice que cette personne est en train de commettre, car aucune loi ne permet de faire sombrer un navire entier, même s’il n’y a à bord que des criminels et un seul innocent.

C’est une horrible forme d’injustice. Il en est de même pour toi qui portes dans le cœur une rivalité et une rancune envers un croyant qui représente un édifice divin et un navire divin, à cause d’un seul défaut chez lui qui t’ennuie ou qui t’embête, bien qu’il ait aussi neuf qualités innocentes ou même vingt : comme la croyance, l’appartenance à l’Islam, ou le voisinage. Cette rivalité et cette envie vont sans aucun doute te guider vers la volonté de faire sombrer le navire ou d’y mettre le feu. Tout cela n’est qu’injustice et déloyauté.

Le deuxième aspect: La rivalité, aux yeux de la raison, est une forme d’injustice. La rivalité et l’affection sont des opposés comme la lumière et l’obscurité, elles ne se rencontrent jamais en un même lieu. Si les causes de l’affection se groupent et prennent place dans le cœur, la rivalité se transforme en une rivalité formelle. Elle se transforme même en compassion et en pitié car un croyant aime son frère et doit lui montrer l’affection. Si son frère agit d’une façon honteuse, cela doit éveiller sa pitié envers lui et faire qu’il essaie sérieusement de le guider vers le bon chemin calmement et doucement sans avoir recours à la force et au contrôle. D’après le hadith: « Il est illégitime pour un musulman d’abandonner son frère au-delà de trois nuits. S’ils se rencontrent et que l’un détourne le visage et l’autre détourne le visage, celui qui commence par saluer est le meilleur.»

Mais si les causes de la rivalité et de la rancune l’emportent et qu’elles grandissent dans le cœur, l’affection se transforme alors en affection apparente, et elle devient fausse et preuve d’hypocrisie.

Sache, toi l’injuste, qu’il est un grand péché pour un croyant de porter des sentiments de rancune et de haine envers son frère! Il serait stupide de donner une grande valeur à de petits cailloux et de les considérer plus valeureux que la Ka’aba ou que le mont Ohod. Il serait tout aussi stupide de surestimer de petites erreurs prononcées par ton frère croyant et leur donner plus de gravité qu’elles ne représentent, car elles sont tout aussi futiles que les cailloux. Tu aurais alors préféré ces choses futiles au fait de respecter le rang élevé de l’Islam, qui est tout aussi grand que le mont Ohod. Il serait donc erroné de donner plus d’importance à ce qu’a dit ton frère qu’aux qualités vertueuses de l’Islam. Toute personne raisonnable est consciente de cela.

En effet, l’unité de la foi demande sans aucun doute l’unification des cœurs des croyants. Cette unité de foi demande l’unification de la société. Tu peux éprouver un certain genre de lien avec celui qui vit avec toi, une certaine amitié si tu travailles avec lui pour le même patron. Tu peux éprouver un sentiment de fraternité envers lui si vous vivez dans la même ville. Pense donc à la foi qui te donne la lumière et t’offre autant de possibilités d’unification ainsi que de nombreux liens d’accord et de fraternité qu’il y a de beaux attributs. Cela te guide donc par exemple vers la prise de conscience que vous avez le même Dieu, le même Possesseur, vous adorez le même Dieu, et le même Donneur vous fournit vos subsistances et ainsi de suite, jusqu’à atteindre mille points communs. Puis que vous avez le même prophète, la même religion, la même qibla, et ainsi de suite, jusqu’à atteindre cent points communs. Puis que vous vivez dans le même village, dans le même pays, et ainsi de suite, jusqu’à atteindre dix points communs.

Il y a donc tant de liens qui requièrent l’unité, l’unification, la concordance, l’accord, l’affection et la fraternité, et qui ont une grande force morale qui pourrait lier les diverses régions du monde. Quelle injustice donc que de délaisser tous ces liens et leur préférer des raisons plus faibles que la toile d’araignée ! Cette injustice fait naître la discorde, l’hypocrisie, la haine et l’hostilité. L’âme se remplit d’hostilité et de rancune envers un frère croyant! N’est-ce pas une insulte à ces liens unificateurs? N’est-ce pas un manque de respect envers ces raisons qui exigent l’affection? N’est-ce pas une injustice envers ces relations qui mènent forcément à la fraternité? Si ton cœur n’est pas mort et que ton cerveau ne s’est pas encore éteint, tu devrais très bien prendre conscience de cela.

Le troisième aspect: Le verset وَلاَ تَزِرُ واَزِرَةٌ وِزْرَ اُخْرٰى «Aucune porteuse de charge ne supporte celle d’une autre » (Les bestiaux:164) prouve la justice totale. Il est illégitime de punir une personne pour l’erreur d’une autre. Sur ce point, le Coran ainsi que les autres sources de la Loi sacrée, les règles de politesse des croyants et la sagesse islamique, tous te préviennent : Eprouver de l’hostilité et de la haine envers un croyant est une grande injustice car c’est une condamnation envers toutes les qualités innocentes que porte le croyant contre une seule qualité négative. L’hostilité se prolonge jusqu’à ses proches et sa famille à cause d’une qualité qui te déplaît. C’est une grande injustice, comme l’a dit le Coran اِنَّ اْلاِنْسَانَ لَظَلُومٌ «Certes l’homme est un fieffé associateur » (Abraham:34). Après cela, te trouves-tu des excuses? Prétends-tu avoir raison?

Les vices qui sont la cause de l’hostilité et la haine sont profonds, aux yeux de la réalité, tout comme la poussière et le mal. Une chose épaisse ne se transmet pas aux autres – sauf le mal que l’Homme apprend des autres. Par contre, la bienfaisance, la charité et d’autres causes d’affection sont aussi légères que la Lumière. Le rôle de la lumière est de se refléter et d’aller vers les autres. De là naît le dicton: « Les amis de mes amis sont mes amis».

Toi qui commets des injustices, tu négliges la vérité. Porter des sentiments d’hostilité envers un parent pour une chose que tu n’apprécies pas en lui, et haïr ses bien-aimés, c’est aller dans le sens contraire à la vérité.

Le quatrième aspect: Prendre une position hostile envers un croyant est une grande injustice dans l’ordre personnel. Ecoute ces quelques points constitutionnels de base concernant ce quatrième aspect:

Premier point constitutionnel: Quand tu sais que par ta discipline et tes idées, tu suis le bon chemin, tu as le droit de dire: « Mon comportement est le bon/le meilleur », mais tu n’as pas le droit de dire: « Je suis le seul à suivre le meilleur comportement », car ton regard mécontent et tes faibles idées ne seront pas un jugement de l’invalidité des autres voies. Un poète dit autrefois:

وَعَيْنُ الرِّضَا عَنْ كُلِّ عَيْبٍ كَلِيلَةٌ  ·  وَلٰكِنَّ عَيْنَ السُّخْطِ تُبْدِى الْمَسَاوِيَا

Le regard plein de satisfaction laisse échapper les défauts

Mais le regard mécontent s’arrête à tous les désavantages

Deuxième point constitutionnel : «Tout ce que tu dis doit être vérité, mais tu ne dois pas annoncer toutes les vérités. Tous tes mots doivent être vérité, mais il n’est pas correct de dire toute la vérité.»

Car celui qui a de mauvaises intentions –comme toi- peut donner des conseils qui mèneraient au contraire du sens voulu.

Troisième point constitutionnel: Si tu veux éprouve de l’animosité pour quelqu’un, essaie de repousser l’hostilité que tu as dans le cœur, de l’éteindre et de l’ôter. Essaie alors d’être hostile à un véritable ennemi qui t’es plus nocif. Voici comment fonctionne ton âme, à toi de résister à ses penchants et d’essayer de la dompter. Ne prends pas les croyants en ennemis gratuitement. Si tu tiens à l’hostilité, prends les mécréants et les idolâtres en ennemis, ils sont nombreux. Sache que l’amour est une chose louable et qui mérite d’être aimée et que l’hostilité mérite l’hostilité avant tout.

Si tu veux vaincre ton ennemi, repousse le mal qu’il t’a fait en lui répondant par le bien, tu mettras ainsi fin à la dispute. Mais si tu rends le mal par le mal, l’hostilité prend de l’ampleur. Même s’il est battu- en apparence-, son cœur est rempli d’irritation envers toi. L’hostilité dure et la rivalité continue. Par contre, répondre par le bien contre le mal qu’il t’a fait le mène à éprouver le regret au point qu’il pourrait se transformer en un ami proche. Un croyant est sensé être généreux, et si tu l’es envers lui, tu le possèdes au point d’en faire un frère pour toi, même s’il est rusé en apparence, il est généreux du côté de la foi. Comme le dit le poète:

اِذَاۤ اَنْتَ اَكْرَمْتَ الْكَرِيمَ مَلَكْتَهُ  ·  وَاِنْ اَنْتَ اَكْرَمْتَ اللَّئِيمَ تَمَرَّدًا

Si tu es généreux envers un généreux, tu le possèdes

Et si tu es généreux envers un rusé, il se rebelle

La réalité en témoigne: Si tu interpelles un corrompu en lui disant: « Tu es bon, tu es vertueux… », cela pourrait le pousser vers la bonté. Et si tu interpelles le vertueux en lui disant: « Tu es mauvais, tu es corrompu… », cela pourrait le pousser vers la corruption. Ecoute donc profondément le Tout-Puissant:

وَاِذَا مَرُّوا باِللَّغْوِ مَرُّوا كِرَامًا

وَاِنْ تَعْفُوا وَتصْفَحُوا وَتَغْفِرُوا فَاِنَّ اللهَ غَفُورٌ رَحِيمٌ

« s’ils viennent à entendre des frivolités, ils s’éloignent dignement» (Le discernement:72) et «Si vous vous montrez indulgents, cléments et faites rémission, Dieu vous absoudra et vous fera miséricorde » (La déconvenue:14). Ainsi que d’autres indications constitutionnelles coraniques sacrées comportant la conciliation, le succès, le bonheur, la joie et la sécurité.

Quatrième point constitutionnel: Celui dont le cœur est rempli de haine, de rancune et d’hostilité envers ses frères croyants, est injuste envers lui-même avant tout, en plus de l’injustice qu’il cause à ses frères et manque de respect des limites de la miséricorde divine. Par sa haine et son hostilité, il cause sa propre chute dans un supplice humiliant, car l’envie est plus douloureuse pour l’envieux que pour la personne enviée. Quant à l’envié, il est exempt des effets de cette envie ou alors elle ne lui cause qu’un faible désagrément.

Le remède contre l’envie: C’est que l’envieux remarque le résultat de ce qu’il envie. Il doit prendre conscience du fait que: Les biens que la personne qu’il envie a reçus –comme l’argent, le pouvoir et la position sociale- ne sont que des biens périssables, ils sont d’une utilité infime et engendrent beaucoup de contrainte.

Par contre, si l’envie a pour motif l’au-delà, ce n’est aucunement de l’envie. Si l’envie touche à ces choses-là, c’est que l’envieux cherche les apparences, il nuit à ses bonnes actions dans la vie d’ici-bas. Ou alors il pense du mal de la personne qu’il envie, alors il agit envers lui injustement.

Un envieux s’indigne contre le destin de Dieu, car il s’attriste quand le bien et la miséricorde de Dieu sont octroyées à la personne enviée. Par contre, il se sent soulagé quand cette personne est touchée par une catastrophe. C’est comme s’il critiquait la destinée divine et qu’il protestait contre l’ampleur de Sa miséricorde. Il est connu que critiquer le destin est comme essayer de pousser une montagne. Qui proteste contre la miséricorde divine, finira par en être privé.

Est-il logique de la part du croyant de laisser son cœur se remplir d’irritation et de haine envers son frère pendant toute une année pour une chose futile qui ne mérite même pas un jour d’hostilité ? Sache que le mal que t’a fait ton frère ne lui revient pas à lui seul, mais revient a plusieurs raisons:

Le destin divin joue un rôle ici, tu dois donc accepter ce destin et t’y soumettre.

Satan ainsi que l’âme incitatrice au mal ont également un rôle.

Si tu mets ces deux dernières sources de côté, il ne te reste plus qu’à éprouver de la pitié pour ton frère, au lieu de le prendre en ennemi car tu le vois vaincu par son âme et Satan. Ensuite, tu attends de lui qu’il regrette ce qu’il a fait et espères qu’il revienne sur le droit chemin.

Tu dois observer tes propres lacunes, celles que tu ne vois pas ou que tu ne veux pas voir.

Mets également de côté les deux causent précédentes, le reste ne composera qu’une part minime et partielle. Si tu l’accueilles avec grand enthousiasme et avec générosité, donc par la réhabilitation et le pardon, tu seras ainsi épargné de commettre des injustices et de faire du mal à qui que ce soit. Par contre, si tu réponds au mal avec circonspection – comme si tu étais éternel dans le bas-monde – tout en éprouvant une haine continuelle et une hostilité qui ne diminue jamais, tu fais sans aucun doute partie de ceux que l’on qualifie de « très grand injuste et très grand ignorant » et ainsi tu ressembles au juif idiot qui a payé de très grandes sommes pour des morceaux de verre qui ne valent rien et des cristaux de neige qui ne tarderont pas à disparaître, pensant que c’étaient des diamants.

Ainsi nous avons simplifié le mal que cause l’hostilité dans la vie personnelle de l’Homme. Si tu as de l’estime pour toi-même, ne laisse pas l’hostilité pénétrer ton cœur. Et si elle est déjà entrée et qu’elle s’y est installée, ne l’écoute pas, écoute plutôt Hafez Al-Chirazi (*) qui a une prescience de la vérité. Il dit:

دُنْيَا نَه مَتَاعِيسْتِى كِه اَرْزَدْبَنِزَاعِى

Cela signifie que le bien que contient le monde entier ne vaut pas la peine d’être disputé.

Si le vaste monde avec tout ce qu’il contient est aussi futile, alors qu’en est-il d’une de ses petites parties? Ecoute ce qu’il dit aussi:

آسَايِشِ دُوگِيتِى تَفْسِيرِ اِينْ دُو حَرْفَسْتْ

بٰا دُوسِتَانْ مُرُوَّتْ بۤا دُشْمَنَانْ مُدَارَ

Obtenir la quiétude et la sécurité dans les deux mondes sont explicables en deux mots: Traiter ses amis avec générosité et équité et traiter ses ennemis avec pardon et sérénité.

Si tu dis: Je n’y peux rien, l’hostilité est un trait de ma personnalité, elle est dans mon instinct, je n’ai donc pas le choix. De surcroît, ces gens m’ont blessé et m’ont fait du mal, je n’arrive pas à surmonter cela.

La réponse: Les mauvaises manières, si elles ne sont pas exécutées et que leur influence demeure inopérante, et que rien de ce qui en résulte ne se produit, comme la médisance (mais à condition que la personne soit consciente de son manque) il n’y a donc pas de mal. Tant que tu n’as pas le choix et que tu n’arrives pas à te débarrasser de l’hostilité, ton sentiment de manque et ta conscience te faisant tort, suffisent à t’innocenter et à te sauver du malheur qui est en toi. Cela est considéré comme un regret moral, un repentir caché et une demande de pardon implicite. Nous n’avons écrit ce thème de recherche que dans le but d’encourager cette demande morale de pardon. Que les croyants ne mêlent donc pas le bien et le mal et qu’ils n’accusent pas injustement leur rival surtout s’il a raison.

Je fus témoin d’un incident digne d’être cité: Je vis un jour un homme qui semble être un homme de science, je le vis critiquer un grand savant. Il ne démordait pas de son opinion au point de le traiter d’idolâtre, à cause d’un désaccord politique. Je l’ai vu –en même temps- louer un hypocrite qui partageait son opinion politique personnelle! Cet incident m’a fait trembler, j’ai invoqué Dieu, en voyant le point auquel est arrivée la politique et me suis dit:

اَعُوذُ بِاللهِ مِنَ الشَّيْطَانِ وَالسِّيَاسَةِ

« Je recherche refuge auprès de Dieu contre Satan et la politique. » Puis je me suis retiré du domaine public et de la vie politique.

Cinquième aspect: Cet aspect montre la grandeur du mal qui atteint la vie sociale suite à l’obstination, le déniement et la division.

Si on dit que: Il fut dit dans le noble hadith que: اِخْتِلاَفُ اُمَّتِى رَحْمَةٌ « La divergence dans ma communauté est un signe de miséricorde», la différence requiert la division, les partis et la solidité des opinions. Mais cette maladie de la dispersion, de la différence contient un côté de la miséricorde envers les faibles personnes parmi les gens ordinaires: elle les sauve de la domination des personnes injustes entre lesquels s’il arrive un accord dans un village, ils persécutent les faibles. Mais s’il y a dispersion entre eux, l’opprimé trouvera un refuge quelque part et pourra se sauver.

La vérité se manifeste clairement lors d’affrontement d’idées, la discussion des opinions et le désaccord des mentalités.

La réponse: La réponse à la première question:

La différence citée dans le hadith est une différence positive et constructive. La signification du hadith : Chacun doit essayer de prouver son point de vue sans essayer de détruire les opinions des autres ou d’en diminuer la valeur, au contraire, il est sensé essayer de combler les lacunes et de les combler autant qu’il le peut. Quant à la différence négative, c’est quand chacun essaie de gâcher et de détruire l’avis des autres en propageant la haine, la rancune et l’hostilité. Ce genre de différence est désapprouvé par le hadith car les rivaux et les partis du désaccord sont alors incapables de faire une chose positive et constructive.

En réponse à la deuxième question, nous disons:

Si la division et le classement en partis se font pour arriver à la vérité et en son nom, c’est peut-être le but de ceux qui cherchent le droit. Mais nous remarquons que la division de nos jours se fait pour des fins personnelles et en obéissance à l’âme incitatrice au mal. C’est la voie des personnes de mauvaises intentions, voire le point d’appui des oppresseurs, car l’oppression est claire dans ce type de comportement. Si Satan approche l’un d’eux et lui vient en aide, en approuvant son opinion, il finit par prier pour lui et le louer. Mais s’il est dans le camp inverse, qu’il se trouve être une personne angélique, il finit par l’insulter et le maudire.

Quant à la troisième question, nous y répondons ainsi:

L’affrontement des opinions inverses en vue d’arriver au droit et à la vérité réside dans la différence des moyens, bien qu’il y ait accord sur les bases et les fins. Ce genre de différence peut présenter un service précieux pour le dévoilement de la vérité et la clarification de chacun de ses côtés. Mais si la discussion et la recherche de la vérité ont des buts personnels et visent à la domination, à la supériorité et l’assouvissement des instincts de l’âme pharaonique ainsi que l’obtention de la célébrité, c’est une autre chose. La vérité ne brille pas dans ce genre de présentation des idées, même plus, l’étincelle de la sédition prend naissance. Tu ne peux alors trouver d’accord entre ces personnes autour du but et il est impossible que leurs idées se rejoignent, car leur but essentiel n’est pas l’aboutissement à la vérité. Cela les mène donc à l’exagération, ce qui conduit à des divisions irréparables. L’état du monde actuel en est un bon témoin…

Conclusion: Si les actions du croyant ne sont pas conformes aux hautes aspirations posées par le noble hadith: «Aimer en Allah et détester en Allah» et si on ne revient au jugement d’Allah dans toutes les affaires, l’hypocrisie et la division domineront. En effet, celui qui ne se laisse pas guider par ces aspirations commet une injustice et nuit à la justice.

Un incident comportant une morale: Pendant l’une des conquêtes islamiques, l’imam Ali (qu’Allah soit satisfait de lui) était entré en duel contre l’un des cavaliers idolâtres et l’a vaincu. Quand l’imam a voulu le tuer, le cavalier lui cracha au visage. L’imam le libéra, le laissa partir et s’éloigna de lui. L’idolâtre s’étonna de cela et lui demanda:

Où vas-tu ?

L’imam: Je te faisais la guerre pour l’amour de Dieu, mais quand tu as fait cela, j’eus peur de te tuer par vengeance personnelle, alors je t’ai libéré pour l’amour de Dieu.

L’idolâtre répondit: Mon acte aurait dû t’énerver et te pousser à me tuer au plus vite! Mais si vous appartenez à une religion extrêmement tolérante, c’est sûrement La bonne religion.

Un autre incident: Un gouverneur musulman a révoqué son juge en le voyant énervé et sévère pendant qu’il coupait la main d’un voleur. Celui qui exécute l’ordre de Dieu ne doit pas éprouver de sentiments subjectifs envers le coupable. Au contraire, il devrait éprouver de la pitié pour lui – en tant qu’âme – sans se laisser emporter par une clémence dans l’exécution de l’ordre de Dieu. C’est dans ce genre de situation qu’une part de subjectivité se mêle à l’affaire, et cela est contraire à la justice totale. Il révoqua donc le juge.

Une grave maladie sociale et un triste état social ont atteint le monde islamique: Les tribus les moins développées sont conscientes de la gravité des différends intérieurs et oublient les hostilités minimes quand l’ennemi extérieur les attaque.

Si ces tribus arriérées évaluent leur intérêt social correctement, alors pourquoi les personnes qui servent l’Islam et le prêchent n’oublient pas leurs hostilités minimes ? Ils ouvrent ainsi la voie à l’ennemi pour qu’il les attaque. Les ennemis les encerclent de tous les côtés et les attaquent de partout. Cette situation est une détérioration effrayante et une dégénérescence envers l’Islam et les musulmans.

A ce propos, il me revient une histoire portant une morale: Il s’agit de deux tribus du clan « Hassnâne » exerçant des vengeances sanglantes les unes envers les autres qui faisant plus de cinquante victimes. Mais dès qu’il arrive un danger de l’extérieur, de la tribu « Sabkane » ou « Haydarane » par exemple, elles s’épaulent, s’entraident et oublient totalement leurs conflits jusqu’au moment où l’agression est contenue.

Ecoutez donc, les croyants, savez-vous combien de clans ennemis se préparent pour attaquer le clan de la foi ? Ils dépassent la centaine et encerclent l’Islam et les musulmans comme des cercles qui s’interpénètrent. Alors que les musulmans sont sensés s’épauler pour repousser l’une de ces agressions, chacun s’obstine et privilégie ses intérêts personnels. C’est comme s’il se préparait à ouvrir les portes devant ces ennemis pour les laisser entrer dans le domaine sécurisé de l’Islam… Cela convient-il à la nation islamique?

Si tu veux compter les ennemis qui entourent l’Islam, ils commencent par les gens en perdition et les athées et finissent par le monde de l’idolâtrie et des catastrophes du bas-monde et ses dérèglements. Ce sont des cercles s’interpénétrant au nombre de soixante-dix. Tous vous veulent du mal et sont en colère contre vous et cherchent à se venger de vous. Il ne vous reste plus, devant tous ces ennemis, que cette arme tranchante, cette grotte sécurisée et cette forteresse qui n’est autre que la fraternité entre musulmans. Réveille-toi, ô musulman! Sache que l’ébranlement de la forteresse de l’Islam par des prétextes futiles et des raisons fragiles, est totalement opposé à l’intérêt de l’Islam… Alors fais attention!

Les nobles hadiths contiennent ce qui signifie que: l’Antéchrist, Al-Sofiani et leurs semblables qui s’occupent des hypocrites et qui apparaissent à la fin des temps, profitent de la discorde entre les gens et entre les musulmans. Ils profitent de leurs disputes autour de l’épave du bas-monde, pour épuiser l’humanité avec une force minime, sèment la pagaille entre eux et contrôlent par la suite la nation de l’Islam et la place en état de siège.

Ô, vous les croyants !

Si vous voulez vraiment vivre noblement et si vous refusez de vous soumettre à l’humiliation et le mépris, réveillez-vous donc, retrouvez la raison et entrez dans la forteresse : اِنَّمَا الْمُؤْمِنُونَ اِخْوَةٌ « Les croyants sont des frères » (Les Chambres:10) et protégez-vous-y des mains de ces oppresseurs qui profitent de vos différends intérieurs. Sinon, vous serez incapables de défendre vos droits ou même de garder votre vie, car il est clair qu’un enfant est capable de battre deux héros qui se battent. Un petit caillou joue un rôle dans le soulèvement d’un des côtés de la balance, même s’ils contiennent deux montagnes égales.

Ecoutez-donc, gens de foi! Votre force s’en va avec le vent à cause de vos affaires personnelles, votre égoïsme et votre division. Une très petite force est capable de vous faire goûter l’humiliation et vous anéantir. Si vous tenez véritablement à la voie de l’Islam, prenez donc la constitution prophétique comme chemin à suivre:

اَلْمُؤْمِنُ لِلْمُؤْمِنِ كَالْبُنْيَانِ الْمَرْصُوصِ يَشُدُّ بَعْضُهُ بَعْضًا

« Un croyant, pour un autre croyant est comme un bâtiment: chaque partie tient à l’autre.» C’est seulement alors que vous serez protégés contre l’humiliation de la vie du bas-monde et que vous serez sauvés de la souffrance dans l’autre monde.

Sixième aspect: Le dévouement est le moyen d’être sauvé de la souffrance. L’hostilité et l’obstination ébranlent la vie morale du croyant, ce qui porte atteinte à l’adoration correcte de Dieu, car le dévouement est perdu. L’obstiné qui tient à son opinion et celle de ses proches, ne cherche qu’à devancer son ennemi, même dans les actes de bienfaisance. Il n’arrivera pas à accomplir un acte fidèle à Dieu et il n’arrivera pas non plus à la justice car il prend le parti des adeptes de son opinion, ceux qui approuvent ses jugements et ses comportements. Ainsi se corrompent deux bases importantes à l’édifice du Bien (le dévouement et la justice) à cause des différends et de l’hostilité.

La recherche dans le domaine de cet aspect est très longue et dans ce Propos, il ne convient pas d’en parler davantage, alors nous nous arrêtons ici.

Deuxième point de recherche

 · 

اِنَّ اللهَ هُوَ الرَّزَّاقُ ذُو الْقُوَّةِ الْمَتِينُ

وَكَاَيِّنْ مِنْ دَاۤبَّةٍ لاَ تَحْمِلُ رِزْقَهَا اَللهُ يَرْزُقُهَا وَاِيَّاكُمْ وَهُوَ السَّمِيعُ الْعَلِيمُ

« Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux ! »

« C’est Dieu par excellence qui pourvoit à toute subsistance, Lui Le détenteur de la force et Le Tout-Puissant » (Les Ouragans: 58)

« Combien de bêtes ne portent pas sur elles leur subsistance et c’est Dieu qui la leur procure en même temps que la vôtre ? Il est L’Audiant et Le Savant parfaits.» (L’araignée:60)

Toi, le croyant, tu sais, maintenant, les grands malheurs qu’engendrent l’hostilité et la haine. Sache que l’avidité est également une maladie, tout comme l’hostilité, elle est même plus nocive pour la vie islamique. En effet, l’avidité est la cause de l’échec et de la trahison, elle cause la privation et la bassesse.

L’humiliation, la mesquinerie, le dédain et l’abaissement qui marquèrent les Juifs confirment cette compréhension de l’avidité car ils se sont rués sur les ruines du bas-monde plus que toute autre nation.

La mauvaise influence de l’avidité se manifeste à partir de la sphère la plus large du monde des vivants et finit par le plus petit individu. Par contre, la lutte pour obtenir les subsistances, couronnée par l’abandon de soi à Dieu apportent le repos et la quiétude, et leur bonne influence se manifeste partout.

Par exemple: Les plantes et les arbres fruitiers – qui sont considérés comme des êtres vivants - manquent de subsistances. Bien qu’ils soient dressés à leurs places, sobres et s’abandonnant à Dieu, sans qu’ils ne fassent preuve d’aucune âpreté. Pourtant, ils se multiplient beaucoup plus que les animaux et donnent des fruits. Quant aux animaux, ils n’obtiennent leur subsistance qu’après s’être fatigués et après avoir souffert, et n’obtiennent que de petites quantités insuffisantes, car ils partent à leur recherche avec âpreté. Nous pouvons voir, dans le monde des animaux, que les subsistances sont données aux petits qui expriment leur dépendance de Dieu par leur faiblesse et leur incapacité. Il leur envoie donc leur subsistance totale, provenant des réserves de miséricorde divine. Par contre, les animaux féroces qui attaquent avidement leurs proies, n’obtiennent leur subsistance qu’après une grande recherche et un grand dépouillement.

Ces deux cas montrent clairement que l’avidité est la cause de la privation. Quant à l’abandon de soi à Dieu et la sobriété, elles sont le chemin vers la miséricorde et la bienfaisance.

Nous voyons la même chose dans le monde des humains : les Juifs sont ceux qui tiennent le plus à la vie. Ils tiennent davantage à la vie de ce bas-monde qu’à celle de l’autre monde, bien plus, ils l’adorent plus que toute autre nation. Ils furent marqués par l’humiliation et les autres nations se sont mises à les tuer. Tout cela en vue d’obtenir après une longue souffrance une fortune illicite dont ils ne dépensent que très peu, comme si leur rôle était exclusivement de l’économiser et de l’empiler. L’avidité est donc la base de l’humiliation, de la bassesse et de la perte dans le monde de l’humanité.

Il y a de nombreuses situations et d’innombrables incidents qui prouvent que l’avide est continuellement sujet à la perdition. Selon le dicton, « l’avide est un perdant déçu», tout le monde le considère comme une vérité générale.

S’il en est ainsi, si tu aimes l’argent d’un amour sans fin, demande à en obtenir avec sobriété, sans avidité, tu en obtiendras avec abondance.

Les personnes sobres et avides ressemblent à des personnes invitées dans une grande maison hospitalière, une invitation organisée par une personnalité importante. Le sobre souhaite de tout cœur: si seulement le propriétaire de la maison me faisait habiter chez lui, je serais sauvé du froid glacial de l’extérieur, je ne demanderais pas plus que cela. Et s’il me permettait de siéger dans l’endroit le plus bas, ce serait généreux de sa part. Quant à l’avide, il agit comme s’il était supérieur aux autres, comme s’ils étaient obligés de lui présenter le plus grand respect. Il se dit avec orgueil: Le propriétaire de la maison doit me donner le meilleur siège, le plus élevé. Il entre dans la salle de réception avec cet esprit avide et regarde les sièges les plus élevés. Mais le propriétaire le renvoie au siège le plus bas, alors il s’énerve et se remplit d’irritation envers le propriétaire de la maison. Alors qu’il devrait présenter des remerciements, il fait le contraire et se met à critiquer le propriétaire de la maison, qui le trouve dès lors désagréable. Par contre, il accueillit chaleureusement le premier, qui entra en grande modestie, essayant de s’asseoir sur le siège le moins haut. Le propriétaire apprécia cette modestie et le mena à un siège très élevé de la salle de réception. L’homme, à son tour n’arrêta pas de le remercier et de montrer sa satisfaction et sa gratitude, à chaque fois que le propriétaire lui donna un siège plus élevé.

Ainsi est la vie, comme une maison d’hospitalité appartenant au Très-Miséricordieux. La surface de la Terre est la table servie du Seigneur, et les degrés de subsistance et de grâces sont tels des sièges diverses.

Chacun peut sentir la mauvaise influence et la gravité de l’avidité, même dans la plus petite et la plus partielle des affaires.

Par exemple: On peut éprouver de l’énervement envers un mendiant insistant avec avidité, au point de le repousser. Par contre, on peut éprouver de la compassion et de la pitié envers un autre mendiant qui se tient silencieux et sobre, alors c’est à lui qu’on donne l’aumône.

Un autre exemple: Si tu veux dormir, en une nuit où tu as de l’insomnie, tu t’endormiras peu à peu, si tu ignores l’insomnie. Mais si tu es obsédé par le sommeil et te mets à te dire : quand vais-je dormir ? Où est passé le sommeil ? Tu éloignes ainsi le sommeil encore plus et le perds totalement.

Un autre exemple: Si tu attends quelqu’un avec impatience, et que tu tiens à le voir pour une affaire importante, tu es inquiets et te mets à te demander: Pourquoi n’est-il pas venu ? Pourquoi est-il en retard ? Finalement, ton insistance bat ta patience et te pousse à quitter désespérément les lieux, alors que la personne attendue arrive quelques instants plus tard. Le résultat voulu est alors perdu.

Le secret caché dans ces exemples et leur morale: La production du pain dépend des opérations faites à la ferme, au moulin, au four. De même, la succession des choses dépend de la sagesse d’y aller doucement et graduellement. Mais avec l’empressement, on ne fait pas attention aux étapes ni aux places morales dans la gradation des choses. L’empressé saute, bondit et chute ou alors il laisse passer une étape, alors il n’arrive pas au but voulu.

Chers frères qui êtes préoccupés par la vie et la subsistance et qui tenez fermement à la vie! Comment acceptez-vous l’humiliation que vous cause votre avidité ? – Bien qu’il porte tous ces malheurs- vous sautez sur l’argent sans donner d’importance au fait qu’il soit licite ou illicite. Vous sacrifiez pour l’obtenir, des choses précieuses et importantes à l’autre monde. Vous délaissez même l’un des importants piliers de l’Islam, qui est la zakat, tout en sachant qu’elle est la porte menant à un surcroît de bénédiction grâce auquel vous n’aurez besoin de l’aide de personne et qui éloigne les catastrophes et les malheurs. Ceux qui ne donnent pas la zakat, perdent des sommes équivalentes dans des choses futiles qui ne mènent à rien ou alors il leur arrive des catastrophes qui les privent brutalement leur argent.

J’ai fait un rêve étrange où on me posa une question portant une réalité, à la cinquième année de la première guerre mondiale : Quelle est la cause de cette pauvreté qui toucha les pays islamiques, qui causa leur ruine ainsi que cette souffrance et cette difficulté ?

J’ai répondu à la question, dans mon rêve, par ce qui suit:

Dieu, le Tout-Puissant nous a imposés le dixième de l’argent qu’Il nous offre et un sur quarante en une autre section pour nous donner la grâce des pauvres qui prieront pour nous et nous épargnera de la rancune et la haine qui habiteraient leurs cœurs. Mais nous avons gardé notre argent et n’avons pas présenté l’aumône légale. Alors le Tout-Puissant a retiré cette zakat accumulée à des pourcentages de trente sur quarante et au pourcentage de huit sur dix.

Le Tout-Puissant nous a demandé de jeûner pour Lui et d’avoir une faim support de bienfaits et de leçons de morale au nombre de soixante-dix. Il nous l’a demandé pendant un seul mois par an, mais nous nous sommes permis de nous apitoyer sur nous-mêmes et avons refusé une faim délicieuse et temporaire. Alors le Tout-Puissant nous a envoyé une sorte de jeûne et une faim portant jusqu’à soixante-dix catastrophes et nous l’a imposée le long de cinq ans consécutifs.

Le Tout-Puissant nous a également demandé un genre d’exécution des ordres et des directives divins bénis, élevés et lumineux, qu’on accomplit en une heure parmi les vingt-quatre heures. Mais nous avons négligé cette heure, alors Le Tout-Puissant nous a pardonné nos péchés et nos négligences et nous a imposé un certain genre d’adoration et de prière : l’exécution des directives, les entrainements pour faire face à l’ennemi etc. le long de cinq années consécutives.

C’est ce que j’ai dit dans ce rêve, puis je me suis réveillé et me suis mis à réfléchir et à méditer, et suis arrivé à une conclusion très importante véhiculée par ce rêve:

Deux mots sont la cause de tout ce à quoi l’humanité en est arrivée: La détérioration des mœurs et la dégradation des valeurs. Les deux sont la source des perturbations et de l’agitation. Nous les avons expliqués et prouvés dans « Le vingt-cinquième segment » quand nous comparions la civilisation moderne aux préceptes du glorieux Coran.

La première phrase: «Si je suis rassasié, peu importe que les autres meurent de faim»

La deuxième phrase: « A toi de faire de l’argent pour que je trouve de quoi manger, et fatigue-toi pour que je puisse me reposer »

Ce qui fait que l’effet ces deux phrases subsistent, c’est la pratique de l’intérêt usuraire et la négligence du paiement de la zakat.

La seule solution et le seul remède à ces deux maladies sociales consiste à payer la l’aumône légale dans la société et l’imposer à tous, ainsi que l’interdiction totale de l’intérêt usuraire. L’importance de l’aumône légale ne se limite pas à un certain groupe ou à certaines personnes, c’est plutôt un important pilier pour le bonheur de l’humanité. Bien plus, c’est un pilier authentique grâce auquel se solidifie et se perpétue la vraie vie de l’humanité, car l’humanité contient deux classes : les particuliers et le grand public. La l’aumône légale garantit la clémence et la bienfaisance des particuliers envers le grand public et garantit également le respect et l’obéissance du grand public envers les particuliers. Autrement, l’injustice proviendrait des particuliers et tomberait sur le grand public, qui n’éprouverait que haine et serait désobéissance à l’égard des riches. Ces deux classes seraient alors en lutte morale perpétuelle et entreraient dans une bataille jusqu’à ce que cela tourne graduellement à l’affrontement réel et à la confrontation autour du travail et du capital, comme cela se produisit en Russie.

J’appelle les généreux, ceux qui ont un cœur sensible et les bienfaisants. L’argent que vous donnez en charité, vous devez le donner en précisant l’intention de donner l’aumône légale. Si vous le donnez sans préciser que c’est l’aumône légale, trois conséquences négatives en résulteront, son bienfait pourrait même être perdu. Si vous ne donnez pas cet argent dans le but de la charité faite pour Dieu et au nom de Dieu, vous manifesterez sans aucun doute l’attitude de celui qui fait une faveur -intentionnelle- et ainsi ferez des pauvres et des misérables des gens ligotés par la faveur. Ainsi, vous serez privés de leurs prières sincères qui sont exaucées par Dieu, en plus vous serez des ingrats envers Dieu car vous croyez que vous êtes les propriétaires de cet argent. En réalité, vous n’êtes que des successeurs qui reçoivent l’ordre de distribuer l’argent de Dieu à ses adorateurs. Mais si vous donnez la charité au nom de Dieu sous le titre de l’aumône légale, vous serez fortement récompensés car vous le faites pour l’amour de Dieu. Ainsi, vous faites preuve de gratitude envers Dieu pour les grâces qu’Il vous a données. Vous obtiendrez les prières de ce pauvre dans le besoin - qui seront exaucées – car il est apaisé et n’a pas eu peur de vous, il a gardé sa dignité, alors ses prières seront sincères.

En effet, il arrive souvent que des sommes d’argent équivalentes à l’aumône légale et même supérieures, soient données, et que de bonnes actions soient faites sous plusieurs formes. Pourtant, leurs faiseurs ne font que commettre de grands malheurs comme manifester de l’orgueil, rechercher la renommée en plus de la faveur et de l’humiliation. La différence est grande quand ces bonnes actions sont faites pour l’amour de Dieu et pour essayer d’en gagner la récompense avec une intention totalement dirigée vers Dieu pour avoir accompli l’une des obligations imposées par Dieu et pour atteindre la sincérité et les prières exaucées. Quelle grande différence entre les deux donations !

سُبْحَانَكَ لاَعِلْمَ لَنَاۤ اِلاَّ مَاعَلَّمْتَنَا اِنَّكَ اَنْتَ الْعَلِيمُ الْحَكِيمُ

اَللّٰهُمَّ صَلِّ وَسَلِّمْ عَلٰى سَيِّدِنَا مُحَمَّدٍ ﻥ الَّذِى قَالَ: « اَلْمُؤْمِنُ لِلْمُؤْمِنِ كَالْبُنْيَانِ اْلمَرْصُوصِ يَشُدُّ بَعْضُهُ بَعْضًا »

وَقَالَ: « اَلْقَنَاعَةُ كَنْزٌ لاَ يَفْنَى» وَعَلٰۤى اٰلِهِ وَصَحْبِهِۤ اَجْمَعِينَ اٰمِينَ وَالْحَمْدُ ِللهِ رَبِّ الْعَالَمِينَ

«Gloire et pureté à Toi ! Nous n’avons de science que ce que Tu nous as enseigné- C’est Toi le Sachant et le Sage par excellence»

Que la paix et le salut soient sur notre prophète Muhammad qui dit:

« Un croyant, pour un autre, est tel un édifice fait de pierres solidement alignées »

Et qui dit aussi « La sobriété est un trésor sans limite »

Et que la paix et le salut soient sur notre prophète Muhammad, sa famille, et tous ses compagnons. Amen. La louange est à Dieu, Seigneur-et-Maître des univers.

Conclusion concernant la médisance

بِاسْمِهِ  ·  وَاِنْ مِنْ شَىْءٍ اِلاَّ يُسَبِّحُ بِحَمْدِهِ

L’exemple cité parmi les exemples du Propos de la diffamation et du sanctionnement (dans le cinquième point du premier Rayon de la première Flamme du vingt-cinquième segment) a montré, grâce à un seul verset, l’atrocité de la médisance aux yeux du Coran. Le verset montra miraculeusement comment aider l’homme à se détourner de la médisance de six façons en ne laissant aucun besoin d’écouter une autre explication, car aucune explication n’est plus claire que celle du Coran.

اَيُحِبُّ اَحَدُكُمْ اَنْ يَاْكُلَ لَحْمَ اَخِيهِ مَيْتًا

Le Tout-Puissant dit: « Est-ce que l’un de vous aimerait manger la chair du cadavre de son frère ? Cela vous répugne évidemment. » (Les Appartements:12)

Le verset interdit la médisance selon six degrés et la sanctionne fortement. Le verset interpelle les médisants, ce qui donne ce sens:

L’interrogation au début a pour but la négation et elle s’infiltre le long du verset, dans chaque mot, pour se garantir un jugement.

Par le premier mot, le verset interpelle le lecteur par «est-ce que»: est-ce que vous n’avez pas de raison pour prendre conscience de cette chose horrible?

Le mot يُحِبُّ « aimerait » veut dire : votre cœur est-il devenu corrompu –il est le centre de l’amour et de la haine- au point d’aimer une chose totalement repoussante?

اَحَدُكُمْ « L’un de vous » veut dire : Qu’est-il arrivé à votre vie sociale –qui puise sa vitalité dans celle du groupe- ? Et votre ville et votre civilisation qui tolère ce qui empoisonne votre vie et gâche votre quiétude ?

اَنْ يَاْكُلَ لَحْمَ « Manger la chair » signifie : Qu’est-il arrivé à votre humanité, pour que vous puissiez dévorer votre meilleur ami?

اَخِيهِ « Son frère » : signifie: n’avez-vous pas de pitié envers vos semblables ? N’êtes-vous pas liés par des liens familiaux? Vous attaquez vos frères de plus d’une façon et portez cruellement atteinte à leur personne opprimée. Celui qui mord un organe de son corps, a-t-il une raison? N’est-il pas fou?

مَيْتًا «Cadavre » signifie : Où est votre cœur ? Votre instinct est-il si corrompu au point que vous acceptez la chose la plus détestable ? (Manger la chair de votre frère), alors qu’il mérite tout le respect.

D’après le noble verset, et d’après les preuves que nous avons citées de ses mots, la médisance est condamnable par la raison, le cœur, humainement, instinctivement et de la part de la religion.

Réfléchis donc à ce verset et vois comment il réprime le crime miraculeusement et brièvement en six étapes.

La médisance est vraiment une vile arme qu’utilisent les adeptes de la polémique, les envieux et les obstinés, car ceux qui ont de l’amour-propre n’utilisent pas une arme aussi vile.

Autrefois, le poète a dit:

وَ اُكَبِّرُ نَفْسِى عَنْ جَزَاءٍ بِغِيْبَةٍ  ·  فَكُلُّ اِغْتِيَابٍ جَهْدُ مَنْ لاَ لَهُ جَهْدٌ

Je suis trop fier pour me venger au moyen d’une médisance

Car la médisance est la force de celui qui n’a pas de force

La médisance, c’est dire de ton frère ce qu’il déteste. S’il a accompli ce que tu dis de lui, tu l’as médit et s’il ne les porte pas, tu l’as défiguré, cela signifie que tu as commis un double péché.

La médisance, même si elle est illicite, est parfois licite. Il est permis à l’opprimé de dénoncer celui qui l’a opprimé à un juge pour qu’il l’aide à réparer l’injustice ou le mal qu’il a subi. Par exemple: La consultation: Si quelqu’un te consulte à propos d’une personne à laquelle il veut s’associer pour des affaires ou autres, et que tu veux lui donner un conseil sincère pour l’amour de Dieu, sans qu’il n’y ait intervention d’intérêts personnels, il t’est permis de dire : « Tu ne devrais pas avoir d’affaires avec lui, tu perdrais ou il t’arrivera du mal. »

Cela inclut: transmettre quelque chose sans avoir l’intention de nuire. Comme dire: Ce boiteux, ou ce débauché.

Cela inclut: La médisance est permise si la personne dont on parle est débauchée et qu’elle affiche publiquement sa débauche, sans cacher sa corruption, et se vante même de ses péchés et prend plaisir à opprimer les autres.

Dans ces cas particuliers, la médisance est permise, car elle ne comporte pas de fins personnelles. Elle est permise seulement pour arriver à la vérité, sinon, la médisance fait échouer les bonnes actions et les consume comme le feu consume le charbon.

Qui commet la médisance et l’écoute volontairement, doit prononcer cette prière:

اَللّٰهُمَّ اغْفِرْ لَناَ وَلِمَنِ اغْتَبْنَاهُ

« Seigneur, pardonnez-nous et pardonnez à celui que nous avons médit »

Puis il demande à celui qu’il a médit de lui pardonner dès qu’il le rencontre.

اَلْبَاقِى هُوَ الْبَاقِى

L’éternel est l’Eternel

Saîd Nûrsî