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Écrit 16

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اَلَّذِينَ قاَلَ لَهُمُ النَّاسُ اِنَّ النَّاسَ قَدْ جَمَعُوا لَكُمْ فاَخْشَوْهُمْ فَزَادَهُمْ اِيمَانًا وَقاَلوُا حَسْبُناَ اللهُ وَنِعْمَ الْوَكِيلُ

Au nom d’Allah le Clément le Miséricordieux,

« Ceux auxquels il fut dit : les gens se sont ligués contre vous, craignez-les donc ! Leur foi s’en trouva accrue et ils s’exclamèrent : Allah nous suffit, quel excellent Garant ! » (Al-Imrân – 173)

Ce segment concerne un secret des secrets du noble verset :

فَقُولاَ لَهُ قَوْلاً لَيِّنًا « Et tenez-lui un langage avenant » (TaHa – 44), il ne fut pas rédiger dans un langage rigoureux.

Il constitue une réponse à une question récurrente loyale et sûre.

« Je ne désire pas enregistrer cette réponse et n’en suis pas satisfait. Toute ma vie est vouée au Maître de la puissance et je m’en remets à Lui seul. Ainsi je dis non pas de la langue du « nouveau Saîd » mais de celle de (l’ancien Saîd », je ne pense pas à personne mais avant tout à mes amis que les « Segments » sèment le doute chez les gens de ce bas monde et leurs semblables. Je rappelle mon état actuel tel qu’il est à mes amis, aux gens de ce bas monde et aux responsables gouvernementaux et cela en cinq points ».

PREMIER POINT

On dit : Pourquoi avoir démissionné de la vie politique et la fuir complètement ?

Réponse : L’ « ancien Saîd » fut agité et immergé dans la vie politique pendant près de dix ans négligeant sa vie religieuse et scientifique. Il ne s’en écarta que lorsqu’il comprit que cette voie était celle des problèmes et des compromissions douteuses. Des intrus s’en mêlent – selon mon point de vue – te cela provoquent des interférences au sein des projets fondamentaux ce qui est très dangereux, les pires dangers sont la trahison et le mensonge. Cette situation implique que certaines personnes deviennent des instruments entre les mains d’étrangers sans qu’ils s’en aperçoivent. Celui qui s’engage en politique n’a d’autre choix que d’être d’accord avec le pouvoir en place ou de le combattre. Si tu es d’accord tu entres dans des compromissions et tu en oublies l’essentiel. En ce qui me concerne, je ne suis ni fonctionnaire de l’état ni membre du parlement, ainsi mon engagement en politique n’a aucun sens et eux n’ont pas besoin de moi en ce domaine. Quand je suis entré dans l’opposition au service d’une politique inverse de celle du gouvernement en place, je dois donc recourir à l’intelligence ou à la force. Par le biais de l’intelligence ils ne m’écouteront pas, car les choses sont en réalité très claires. Tout le monde connait les questions comme moi il n’est pas nécessaire de parler dans le vide à ce sujet. Si c’est par le biais de la force, c'est-à-dire en manifestant mon désaccord et en créant des problèmes pour parvenir à terme douteux cela entrainerait de devoir se mêler de mille choses et fonctions. Cela mènerait à ce de nombreuses personnes éprouvent une personne unique. Ma personnalité n’accepte pas de se mêler des problèmes en y impliquant des innocents tout cela en se basant sur une probabilité ou deux sur dix. A cause de cela l’ « ancien Saîd » a abandonné la politique et toutes les réunions de parlement ainsi que la lecture des journaux et la cigarette.

Une personne sincère et digne de confiance peut témoigner de cela. Depuis huit ans je n’ai lu aucun journal et je n’ai aucune nouvelle de personne. Je voudrais bien voir quelqu’un me dire l’inverse et me dire que j’ai lu la presse. L’ancien Saîd lisait au minimum huit journaux par jour pendant huit ans. Pendant cinq ans mes actes ont été surveillés de près, et celui qui peut dire qu’il a vu la moindre chose relevant de la politique dans ma vie ment. Sachant qu’une personne de caractère difficile comme moi qui n’a aucune relation avec les autres trouve la plus grande ruse dans l’abandon de la ruse basée sur un pouvoir :

اِنَّمَا الْحِيلَةُ فِى تَرْكِ الْحِيَلِ « La ruse consiste à abandonner les ruses ». Celui qui comprend cela ne peut dissimuler sa pensée plus de huit jours. Et non huit ans. S’il avait vraiment voulu s’investir en politique il aurait pris des avocats alors qu’il ne laisse aucune place au dialogue ou aux précisions.

SECOND POINT

Pourquoi le « nouveau Saîd » s’est-il écarté à ce point de la vie politique ?

Réponse : Pourquoi sacrifier tant d’efforts et le bonheur de plusieurs milliards d’années d’une vie éternelle pour un ou deux ans de vie politique faite de compromission et de doutes. Il a préféré fuir loin de la politique pour se consacrer au Coran et à la foi qui eux méritent vraiment que l’on fasse des efforts car il dit :

Je commence à vieillir et je ne sais combien de temps il me reste à vivre et à ce titre je privilégie les actes se rapportant à la vie éternelle car c’est le plus important. La foi est le meilleur moyen de parvenir au bonheur et à la vie éternelle, c’est la clef de la félicité éternelle. L’important est donc de s’y consacrer, je connais ma religion qui m’impose d’être au service des hommes. Je désire donc m’attacher à cette tâche et travailler pour eux en ce sens car ce service comporte également des avantages pour la vie sociale. C’est le mieux que je puisse faire afin de résoudre la situation actuelle en une époque difficile. C’est pour cette raison que je me suis consacré en ce sens en préférant le travail pour la foi qui l’œuvre la plus précieuse qui s’impose. J’ai laissé la porte ouverte afin que d’autres que moi puissent réaliser les réalités de la foi et obtenir l’expérience et les remèdes spirituels. J’espère qu’Allah agrée ce travail et qu’Il efface mes fautes passées. Seul le diable maudit peut s’opposer à cette œuvre que ce soit par l’intermédiaire d’un croyant, d’un mécréant, d’un être sincère ou d’un hérétique. Rien n’est similaire à l’absence de foi, la jouissance de Satan se trouve dans le malheur, l’injustice, le vice et les péchés capitaux. L’absence de foi n’engendre aucun plaisir réel mais uniquement douleur sur douleur, châtiment sur châtiment et égarements successifs.

Fuir les œuvres de la vie éternelle ou les actes lumineux de la sainte foi pour entrer dans les sombres méandres de la politique qui est dangereuse et sans nécessité absolue à une époque dominée par les vieux et contraire à toute logique et opposée à la sagesse pour une personne comme moi qui n’a plus de rapport avec autrui, qui vis seul et fait ses efforts pour se faire pardonner ses fautes passées. Retourner à ce genre de vie est folie et stupidité, même les idiots comprendraient cela.

Si tu dis : Comment le fait de te consacrer au Coran et à la foi t’empêche de faire de la politique ?

Je dis : Les réalités de la foi et du coran sont précieuses comme l’est un joyau. Si je m’occupais de politique en pensant à la place de beaucoup de gens je désirerai alors être triste. Est-ce que celui qui a des prétentions politiques cherche autre chose que de séduire des sympathisants ? Ils prendraient un morceau de verre tranchant pour un joyau et en ce qui me concerne ce serait trahir des réalités si infimes et déprécier leur valeur si je rentrais en politique.

Ô vous gens de ce bas monde ! Pourquoi vous me harcelez et m’occupez, pourquoi me stresser tant ?

Si vous dites : Certains maîtres soufis rentrent dans nos affaires et certaines personnes te considèrent comme un maître ?

Je dis : Ô mes seigneurs, je ne suis pas un maître soufi, mais un savant religieux et la preuve est que si j’avais guidé ne serait-ce qu’une personne pendant ces quatre dernières années vous seriez en droit de douter. Cependant, à toutes les personnes qui viennent me voir, je dis que notre époque n’est plus celle des tariqa (voies initiatiques). Ce sont la foi et l’islam qui sont nécessaires.

Si vous dites : Tout le monde t’appelle « Saîd le Kurde », peut être que ta doctrine est clanique et que tu appelles à cela or cela divise et donc ne nous intéresse pas.

Je dis : Ô mes seigneurs, ce que l’ « ancien Saîd » et le « nouveau Saîd » a écrit est accessible, j’en suis témoin. J’ai vu – il y a bien longtemps déjà – la négation de la population et la préférence clanique comme des poisons assassins. C’est une maladie européenne très pernicieuse et cela au regard du statut prophétique décisif, l’islam à mis fin au caractère insupportable de l’époque de l’ignorance. L’Europe a attrapé cette maladie et l’a transmise aux musulmans afin de les affaiblir et les diviser et les fragmenter afin de faciliter sa domination sur les morceaux éparpillés. J’ai dépensé tous mes efforts pour remédier à ce mal pernicieux et mes élèves ainsi que leurs proches en témoignent.

Vu l’état des choses, ô mes amis, était-il nécessaire de s’accrocher et de saisir toute occasion pour me porter préjudice ? C’est comme celui qui frappe un soldat de l’Occident par erreur au lieu de frapper un soldat de l’Orient pour la simple raison que tous deux sont soldats. Ou on prend mon magasin à Bagdad parce que c’est mon magasin à cause de la déficience de mon magasin se trouvant à Istanbul. Ceci est votre mode d’agir en toute situation de cette vie, vous vous en servez pour m’oppresser, qui peut donc agir ainsi ? Et quel bien est visé ?

TROISIEME POINT

Mes proches et mes amis, ceux qui apprécient mon calme et mes états s’étonnent de mon silence et de ma patience face aux nombreuses difficultés m’accablant. Ils me demandent : comment supportes-tu cette oppression et ce dépouillement que tu subis ? Auparavant tu étais colérique, tu ne permettais à personne de t’offenser et tu ne supportais pas aucune offense ?

Réponse : Ecoutez ces deux paroles ou histoires et déduisez-en votre réponse.

Première histoire : Il ya deux ans de cela le directeur responsable tint une parole en mon absence offensante et injuste à mon égard et ce sans raison apparente. La parole me fut rapportée, j’en souffris plus d’une heure et l’ « ancien Saîd » en fut touché. Je fus touché de Sa miséricorde – Gloire à Lui – en mon cœur et cela fit disparaître mon stress. Je fus poussé à applaudir cette personne mais la réalité était que je disais : si son agression et ce qu’il voulait par là ne concerne que ma personne même qu’Allah l’agrée car il m’a aidé à mettre à jour l’un de mes défauts. S’il était sincère son propos participera à mon éducation et me corriger. En fait, il m’aura aidé à comprendre mon égarement. S’il était menteur, il m’aura aidé à échapper à l’ostentation et à la notoriété qui est l’origine de l’ostentation. Oui ! je ne peux corriger mon âme car je ne l’éduque pas. Si quelqu’un m’informe d’un danger me concernant il convient que je le remercie sans lui chercher d’ennuis.

Si son insulte est d’ordre personnel et concerne mon travail pour la foi et le Coran, cela ne me touche pas. Je renvoie alors cette personne vers celui qui m’a mis au service du Coran qui n’est autre que le Puissant et le Sage. Si son insulte n’a d’autre but que ma personne même et mon comportement là encore cela ne me touche pas car je suis déjà enchaîné et exilé en ce pays. Ma défense ne m’incombe pas, elle revient à celui qui possède le pouvoir en cette ville ou le juge ou encore le gouverneur dont je suis un invité. Toute insulte revient finalement vers celui qui l’a proféré et qui est au fond celui qui m’en protègera.

Mon cœur s’apaisa par cette réalité et je récitais :

وَاُفَوِّضُ اَمْرِۤى اِلَى اللهِ اِنَّ اللهَ بَصِيرٌ باِلْعِبَادِ

« Je remets mon sort entre les mains d’Allah car Il voit parfaitement Ses serviteurs » (40/44). J’ai abandonné la chose et ce qu’elle exprime n’a eu aucun effet, j’ai fini par l’oublier. Mais après cela il est apparu – et j’en suis désolé – que le Coran ne soit pas passé sur la chose et l’a châtié.

Seconde histoire : M’est venu à l’oreille que certains évènements s’étaient produit cette année. J’en fus informé après son avènement mais je me suis trouvé mêlé à cet évènement alors que je n’avais écris à personne si ce n’est à quelques amis pour échanger sur des questions se rapportant à la foi. Je n’ai écris une lettre à un proche qu’une seule fois et il y a de cela quatre ans. Je m’interdisais de fréquenter les gens ou de me mélanger à eux d’ailleurs les gens de ce monde m’en empêchaient. Je ne voyais qu’un ami ou deux par semaine. Quant aux invités résidant en ville il n’y en avait guère plus d’un seul ou deux et on ne se rencontrait que quelques minutes par mois pour aborder des sujets religieux. J’étais vraiment exilé et loin de toute fréquentation et de toute chose. Je suis resté seul et isolé aucun proche à mes côtés. Je me trouvais dans une ville où il n’y avait rien de convenable à mes besoins. Il ya quatre ans de cela j’ai réorganisé une mosquée pleine de confusion où j’exerçais la fonction d’imâm pendant quatre ans (je demande à Allah Son agrément) je dirigeais la prière et donnais des exhortations. Malgré cela je n’ai pu me rendre à la mosquée lors du dernier mois de Ramadan. Je priais souvent seul en étant privé des prières communes qui rapportent vingt cinq fois plus de récompense.

Dans ces deux exemples me concernant j’ai fait preuve de patience et j’ai supporté pendant deux ans les agissements de ce responsable. Je continuerai à supporter cela avec la permission d’Allah.

Concernant ce que je subis, je veux dire que l’agression des gens de ce monde et l’oppression dont je suis l’objet si cela mène à corriger mon âme récalcitrante de ses mauvais penchants, je leur pardonne. J’espère que mon âme s’améliorera grâce à leur rigueur et que mes fautes seront ainsi effacées. Si je réussis à m’endurcir contre les maux de ce monde je remercie mon Seigneur car grâce à cela j’ai compris sa beauté et son caractère éphémère. Mais si ces mêmes personnes m’oppressent pour mon œuvre au sujet de la foi et du Coran, ma défense ne relève pas de moi mais du Puissant, le Contraignant.

Si cette oppression a pour but d’écarter les gens de moi et de me rejeter sous des prétextes mensongers sans fondement ce n’est alors qu’une source d’ostentation et de perversion. Que la miséricorde et la bénédiction d’Allah soient sur eux, je pense que la notoriété et les faveurs des gens ne peut être que préjudiciable pour quelqu’un comme moi. Ceux qui me fréquentent savent bien que je n’accepte pas les flatteries, au contraire, je les fuis même si elles sont sincères, agréables et douces, j’ai déjà plus de cinquante fois repoussé ce genre de flatterie à mon égard.

Mais si leur but est de contrecarrer mon œuvre et de m’avilir aux yeux des gens en particulier concernant les réalité de la foi et du Coran pour lesquelles je travaille et que je diffuse, cela est inutile car les étoiles coraniques ne peuvent être rabaissées par aucune chose, celui qui y jette un œil son jour devient la nuit et il trouvera par d’autre jour (lumière).

QUATRIEME POINT

Réponse à quelques questions étranges.

Première question étrange : Certaines personnes de ce monde me demandent : comment vis-tu ? Comment obtiens-tu ta subsistance alors que tu ne travailles pas ?

Réponse : Je vis sur mes économies et par la grâce divine. Je n’accepte rien d’autre que la subsistance venant de Dieu et rien d’autre que Lui et il en sera ainsi tout au long de ma vie.

Oui ! Celui qui vit non pas avec cent Bârat mais avec seulement quarante exècre de se trouver sous la tutelle d’autrui. Depuis mon exil j’ai toujours voulu éviter ce genre de question afin de rester cacher et de ne pas sombrer dans le pêché ou d’égoïsme. Je ne veux pas de pitié c’est trop lourd pour moi mais les gens s’imaginent et s’illusionnent à mon égard ce qui est le sens de leur question, et je dis : ma règle de vie fut toujours la même, ne jamais accepter quoique ce soit d’autrui. Par délicatesse, je n’ai même jamais accepté leur don provenant de l’impôt légal prit sur leurs biens. Le fait que je sois abandonné au bon vouloir du juge – si ce n’est l’aide de l’état que j’ai reçu pendant deux ans quand j’étais en fonction à la maison de la sagesse islamique et que j’ai été obligé d’accepter après l’insistance de mes amis – bien que je refuse d’accepter la générosité des gens pour faire face aux nécessités de la vie… tout cela éclaire ma règle de conduite… tous les gens de la ville et ceux qui me connaissent dans les villes avoisinantes savent bien cela pour ce qui me concerne. De nombreux amis ont insisté pour que j’accepte leurs présents lors de ces cinq dernières années pendant lesquelles j’étais dans le dénuement. Mais malgré cela j’y ai renoncé.

Si on dit : Mais alors comment vis-tu ?

Je dis : Je vis de bénédiction et de grâce divines mon âme ordonnatrice mérite bien tous les reproches et fautes dont on l’accable. Sinon – concernant ma subsistance – je suis heureux de la bénédiction divine qui est un présent généreux et un fruit miraculeux de ma consécration au Coran.

J’en exposerais un exemple, il consiste à remercier spirituellement le don de ces présents dont me fait grâce Allah et ma conformité avec le noble verset : وَاَمَّا بِنِعْمَةِ رَبِّكَ فَحَدِّثْ « Quant aux bienfaits d’Allah raconte-les » (al-Dhuha, 11). Malgré cela je ressens que dans cet acte de remerciement s’insère une partie d’ostentation et de jalousie qui entache cette bénédiction seigneuriale pure. Lorsque la manifestation de la bénédiction cachée s’opère avec orgueil, elle annule celle-ci. Mais ce n’est pas mon cas car je me suis toujours imposé la gratitude à l’égard de cette bénédiction.

Premièrement : Je me suis contenté lors de ces six derniers mois de trente six miches de pain d’une mesure d’un Kîlah tel un baume et il en reste encore et je ne sais quand il sera fini.

Deuxièmement : En ce mois béni du Ramadhan seules deux maisons m’ont offert un repas, j’ai été malade tout le mois. J’en déduisis que la nourriture des autres m’était interdite et je me satisfis que d’une seule Uqiya de riz et de trois parts de pains pour toute la durée du mois de Ramadhan. Le sincère, le véridique « ‘Abd Allah Jâwich », propriétaire d’une maison bénie qui me nourrit peut en être témoin. Rien que le riz m’a tenu vingt cinq jours après le mois le mois de Ramadhan.

Troisièmement : Une Uqiya simple m’a suffit pour moi et mes nobles invités comme repas journalier et cela pendant au moins trois mois dans la montagne. J’ai eu un invité précieux qui se nommé « Suleyman » et notre pain était quasiment épuisé. Nous étions le jour du mercredi et je lui demandais : va à la ville et ramène-nous du pain sachant qu’il n’y avait personne pouvant nous nourrir tous à moins de deux heures. Il me dit : j’aimerais passer la nuit du vendredi avec toi dans cette montagne afin que je puisse prier avec toi Allah.

Je dis alors : nous nous remettons en Allah alors reste avec moi.

Nous nous mîmes en marche jusqu’à atteindre une tente dans la montagne sans but précis. Nous avions un peu d’eau, du thé et du sucre.

Je lui dis : mon frère fais-nous un peu de thé ce qu’il fit.

Je m’assis sous un arbre de goudron et me mis à regarder une vallée profonde et je pensais, désolé et attristé, en ce monde nous n’avons qu’un morceau de pain, espérons qu’il nous suffira pour ce soir. Mais comment faire pour deux jours entiers, que vais-je dire à cet homme pur, intègre et intime.

Me trouvant en cet état et ma tête élevée vers l’arbre, je me suis tourné subrepticement et vis au-dessus de l’arbre une grosse miche de pain nous regarder à travers les branches. Je dis alors : réjouis-toi Suleyman, Allah nous a accordé Sa grâce. Nous prîmes le pain dans l’arbre et fouillâmes dans les traces de certains animaux et oiseaux et nous trouvâmes comme une échelle utilisée par les animaux. Tout cela alors que ce lieu de la montagne ne devait pas avoir été visité par un humain au moins depuis trente jours. Cette miche de pain nous rassasia pendant deux jours. Me trouvant avec un homme sincère comme Suleyman, je ne craignais pas que notre subsistance s’épuise. Il me fut sincère pendant quatre ans en me visitant dans la montagne où notre pain nous était procuré.

Quatrièmement : Ce vêtement (une jaquette) que j’ai achetée il y a plus de sept de cela ne m’a couté que quatre livres et demi, ce fut mes seules dépenses vestimentaires en cinq ans. C’est ainsi que je me satisfis de la bénédiction, de la miséricorde et de l’économie divines.

Il y a de nombreux exemple comme celui-ci, car la bénédiction divine peut prendre de nombreuses formes. Les gens de cette ville connaissent de nombreux cas de bénédictions comme celle-ci. Prenez garde à ne pas vous imaginer des choses fausses, je vais rappeler un exemple de vanité, il est plus que nécessaire de le mentionner et ne pensez pas que cela suggère que je sois quelqu’un de bien. Ce sont des grâces divines octroyées à mes amis et proches purs qui me visitèrent ou alors c’est une grâce consécutive à mon travail pour le noble Coran. Cela peut être aussi compris comme un résultat de mes économies ou comme un don pour les quatre chats dont j’ai la charge et qui me rappelle leurs petits : ô miséricordieux, ô miséricordieux, ô miséricordieux… c’est leur nourriture qui me vient sous forme de bénédiction et dont je profite.

Oui ! Quand je suis en compagnie des petits chats je sens qu’ils appellent : ô miséricordieux, ô miséricordieux, ô miséricordieux, cet appel des chats me rappelle celui des poules. J’avais une poule provenant du trésor de la miséricorde divine qui me donnait chaque jour un œuf tout au long de l’hiver. Un jour elle me donna deux œufs dont je profitais et que je partageais avec mes amis. Est-ce que cela peut se produire en plein hiver ? Ils me répondirent que cela était sûrement une grâce divine.

L’été ma poule eut un poussin qui lui aussi commença à donner des œufs au début du mois de Ramadan. Il ne cessa ainsi pendant quarante jours. Rien ne se produisit de semblable pour mes frères œuvrant avec moi que ces œufs et ce poussin tout au long de l’hiver. Cela pendant le Ramadan, ce n’était pas autre chose qu’un don pur de Dieu.

Seconde question étrange : Les gens disent : comment pouvons-nous être tranquilles et sûrs que tu ne te mêleras pas de nos vies ? Il est possible que si nous te laissons en paix tu te mêle de nos affaires ? Comment pouvons-nous savoir que tu ne nous grugeras pas car tu affiches un dédain de cette vie comme ceux qui ne volent pas les biens des gens en apparence mais qui les arnaquent en cachette, comment pouvons-nous savoir qu’il n’y a pas ruse ?

Réponse : Mes états depuis vingt ans au sein du tribunal militaire et mes périodes précédant la promulgation des décrets ainsi que ma plaidoirie parue dans le livre « témoignage de mon enseignement désastreux » qui est connu de ceux qui me connaissent… tout cela est très clair, rien dans ma vie n’exprime la trahison au contraire. Un envahisseur cherche toujours à se faire aimer des autres dans le seul but de les tromper et les trahir. Il n’a pas pour habitude d’éviter les gens ou de s’en tenir éloigné alors qu’en ce qui me concerne, je ne me rabaisse pas malgré toutes les attaques dont je suis l’objet. Je m’oppose aux gens de ce monde en m’en remettant au Maître unique de la toute puissance. Celui qui connait les réalités de l’au-delà et perçoit vraiment cette vie ici bas n’a aucun regret et ne retourne jamais à cette vie. Celui qui se trouve isolé et seul sans relation aucune ne sacrifie pas sa vie éternelle après cinquante ans de vie pour ce bas monde et son agitation. Si la sacrifie c’est qu’il a perdu l’esprit et que peut faire un fou pour qu’on s’intéresse à lui ?

En ce qui concerne mon état supposé consistant à recherché cette vie de manière dissimulée et hypocrite, je dis : en relation avec le noble verset : وَمَاۤ اُبَرِّئُ نَفْسِى اِنَّ النَّفْسَ َلاَمَّارَةٌ بِالسُّوۤءِ « Je ne cherche pas à me disculper, l’âme sans nul doute, nous incite au mal » (Youssouf, 53) . Je ne cherche jamais à me disculper car l’âme pousse vers le vice. La perte de la vie éternelle et du bonheur permanent ne se fait qu’au prix d’un plaisir passager en ce monde évanescent et en cette station transitoire et à un âge avancé d’une vie courte… Ce qui ne convient pas aux êtres intelligents et conscients. Mon âme incitatrice a été désapprouvée en ce qu’elle désirait ou abhorrait, l’intellect l’a brisée !

Troisième question étrange : Les gens me demandent si je les aime ? Nous acceptes-tu et nous apprécies-tu ? Si tu nous aimes, pourquoi nous rejeter et ne pas nous fréquenter et si tu ne nous apprécies, ni ne nous acceptes, c’est que tu nous rejette, donc nous sommes en droit de ne pas te fréquenter !

Réponse : Si j’aimais votre mode de vie pensez-vous vous je m’en serai éloigné et m’y serai opposé. En fait, je ne vous apprécie pas ni votre mode de vie cependant je ne m’en mêle pas et ne vous fréquente pas. Mon objectif est différent du vôtre. Mon cœur s’est empli de choses qui n’ont laissé aucune place à d’autres préoccupations. Vous ne vous occupez que des choses extérieures et non de ce qui se passe dans le cœur car vous espérez la perpétuité de l’harmonie et un état stable. Or tout ceci ne m’intéresse pas, vous ne pouvez pas dire : que nous aimions du cœur car vous ne faites pas partie des gens capable de cet amour essentiel.

Si vous vous occupiez des affaires de cœur je dirai :

Comme m’a satisfait l’arrivée du printemps en plein cœur de l’hiver mais je ne peux le préserver. De même me satisfont les bons aspects du monde que je recherche sans cesse. Je demande à Allah de purifier les gens de ce monde mais cela est au-dessus de mes forces et je ne peux m’y contraindre. C’est pour cela que je ne m’en occupe pas car cela ne relève pas de ma fonction et est au-dessus de mes forces et possibilités.

Quatrième question étrange : Les gens disent : Nous sommes éprouvés et subissons nombre de difficultés et nous ne faisons confiance en personne, comment te ferions-nous confiance ? Et si se présentait pour toi l’occasion de rentrer dans nos affaires à ta convenance ?

La réponse : Le point évoqué précédemment devrait vous suffire et vous apaiser à ce sujet, d’ailleurs j’ajoute : Pour l’instant je ne rentre pas dans vos affaires, je réside dans ma ville auprès de mes élèves et de mes proches. Je vis au milieu de ceux qui m’écoutent et me suivent, je ne ressens aucune envie de me mêler de vos affaires si nombreuses soient-elles. Est-il possible de s’en mêler pour celui qui se trouve en exil, seul, isolé et faible. Seul l’au-delà m’intéresse et m’occupe. Je me suis coupé de toute fréquentation humaine et épistolaire et ne vois que quelques amis partageant mes préoccupations pour l’au-delà. Ce qui paraît bien étrange aux gens comme les gens sont étrangers à l’au-delà qui les voit ainsi… Lorsqu’un homme entre dans votre mode de vie intime et dangereux c’est qu’il doit être fou et faible.

CINQUIEME POINT

Il concerne cinq questions particulières.

La première : Les gens me disent : pourquoi ne te conformes-tu pas à nos principes et nos coutumes et ne vis pas comme nous ni ne t’habilles comme nous ? Cela signifie t-il que tu nous rejettes ?

Je dis : Ô mes chers messieurs ! De quel droit m’imposeriez-vous les coutumes de votre ville ? Vous m’avez déjà contraint à résider dans cette ville depuis cinq ans et m’avez interdit toute correspondance et fréquentation. Vous m’avez ainsi privé de mes droits de citoyenneté et m’avez de surcroît isolé sans raison de toute chose. Vous ne me laissez pas rencontrer les gens de la ville si ce n’est un ou deux. Vous avez pourtant accordé la paix à tous les bannis en leur permettant de vivre en famille et parmi leurs proches dans leurs villes en leur remettant des autorisations à cet effet. Cela signifie que vous ne considérez pas comme un membre de la communauté ni comme un citoyen. Comment pouvez-vous alors me demandez de me conformer à vos lois locales ?

Vous m’avez rendu la vie infernale qui pour moi est maintenant telle une prison. Celui qui est prisonnier peut-il se soucier de ce genre de revendications ?

Vous avez refermé la porte de cette vie sur ma face j’ai donc frappé à celle de l’au-delà que la miséricorde divine a ouverte. Comment celui qui est debout devant la porte de l’au-delà pourrait se conformer à vos coutumes futiles ?

Lorsque vous m’aurez libéré et permis de rentrer dans ma ville et mon pays, que vous m’aurez rendu l’ensemble de mes droits, vous pourrez alors me demanderde me conformer à vos coutumes.

Deuxième question : Les gens disent : nous avons des entreprises nationales qui reposent sur les règles religieuses et les fondements de l’islam, au service de quel bien te places-tu en diffusant tes épîtres religieuses ? Tu n’as pas le droit de détruire cela, tu n’as aucun pouvoir ?

Réponse : La vérité et la réalité ne sont conditionnées par rien, et elles ne sont pas restreintes à (un lieu ou un moment précis). Comment conditionner la foi et le Coran par une entreprise formelle ? Vous vous pouvez réduire vos lois et vos coutumes (dans vos entreprises) mais les fondements de la foi et les principes coraniques ne peuvent se réduire aux actes de cette vie. Ils ne peuvent se résumer à un métier en entreprise et à l’obtention d’un salaire. Ces secrets et ces grâces qui sont des dons divins ne peuvent s’obtenir qu’avec une intention droite et le désintérêt de cette vie ici bas et par le renoncement aux tentations de l’âme.

De plus, votre sphère de préoccupation m’a fait appel alors que j’étais chez moi et m’a aidé dans mes fonctions que j’avais acceptées et qui consistaient à exhorter les gens. J’ai fini par démissionner afin de me protéger. Autrement dit, je peux assumer cette fonction d’exhortation et de guide en tout lieu car je n’ai rien à me reprocher.

Quant aux bannis, ils sont retournés auprès des leurs alors que ma carte précédente est en cours de production.

Deuxièmement : Les fondements de la foi que j’ai rédigés je me les suis imposés en premier et je ne les adresse pas à tout le monde mais seulement à ceux qui en manifeste le besoin et dont les cœurs souffrant ont besoin de ce baume coranique. Cette charge ne concerne que ceux qui reçoivent mes lettres qui encouragent à l’union avant l’application de la lettre. Cela me renforce et m’assure ma subsistance. L’ex-gouverneur injuste à étudié avec précision une lettre à laquelle il n’a pas répondu ne voyant rien à critiquer.

La troisième question : Certains de mes amis me disculpent extérieurement mais, en fait, me critiquent afin de plaire aux gens de ce monde qui me donnent des ordres. Les gens de ce monde en les disculpant et les écartent de moi. Ils sont hautains et sans pitié ils sont incapable d’amour et de pureté c’est pour que cela qu’en eux s’insère le doute.

Je dis : Ô mon proche dans l’au-delà ! Ne fuyez pas mon travail se rapportant au Coran extraordinaire, aucun préjudice ne vous viendra de ma part par l’autorisation d’Allah même si je subis l’injustice et vis dans la difficulté. Vous ne pouvez vous en tirer en vous disculpant de moi, vous méritez plus car la difficulté vient de vous et vous méritez une gifle… Que vous est-il arrivé pour sombrer dans de tels doutes et illusions ?

Quatrième question : Ces jours passés. Je vois des gens qui s’embourbent dans les méandres de la politique et sont éprouvés par les tromperies de l’âme. Ils se tournent vers moi d’un regard empoisonné par la concurrence et la partialité comme si j’avais ce genre de lien avec les occupations de ce bas monde.

Ô messieurs, sachez que je me range dans les rangs de la foi et sous sa tutelle unique. Les athées me tentent pourtant je n’ai d’autres lien que celui de la foi.

Celui qui s’engage dans la partialité afin de me contrarier et de nuire est la cause de mes douleurs, peut-être sont-ils excusables s’ils le font dans l’espoir d’une récompense mais celui qui n’a même pas cet espoir et répand cependant le poison de la jalousie qu’il sache qu’il se couvre d’une faute sans équivalent. Car – comme nous l’avons établi précédemment – je n’ai aucun lien avec la politique de ce monde. Je consacre ma vie et tous mes efforts à la diffusion des réalités coraniques et de la foi. Ainsi, que celui qui désire me nuire réfléchisse bien avant de m’oppresser car il contredit la foi au service de l’hérésie et de l’athéisme.

Cinquième question : Pourquoi cette vie est éphémère et courte et les obligations nombreuses sachant que la vie éternelle s’obtient ici en ce bas monde. Elle n’est pas indépendante d’un maître et l’hôte est le Seigneur généreux et sage. Rien n’est perdu, ni rétribution d’une faute ou ni celle d’un bien : لاَ يُكَلِّفُ اللهُ نَفْسًا اِلاَّ وُسْعَهَا « Allah ne charge pas une âme plus que ce qu’elle peut supporter », la voie est droite et ce qu’elle contient n’est de même valeur et tout ce passe la porte de la mort délaisse tout ce que contient ce monde.

Le plus heureux des hommes est nécessairement celui qui n’oublie pas l’au-delà à cause de ce bas monde. C’est celui qui ne sacrifie pas l’au-delà pour cette vie, et ne pervertit pas sa vie éternelle pour cette vie-ci. C’est celui qui s’occupe de ce qui le regarde, qui examine les ordres et désapprouve l’invité au profit de l’hôte afin d’ouvrir la porte de la tombe en toute sérénité et entre dans la demeure du bonheur apaisé

Annexe à l’Écrit 16

بِاسْمِهِ  ·  وَاِنْ مِنْ شَىْءٍ اِلاَّ يُسَبِّحُ بِحَمْدِهِ

En Son nom, Gloire à Lui

« Il n’y a aucune chose qui ne chante Sa louange »

Les gens de ce monde enragés de sa profusion illusoire s’imaginent vainement qu’un homme faible et isolé comme moi peut avoir la force de milliers d’hommes. Cette illusion les empêche de m’écraser encore plus. Ils ne pardonnent pas de veiller une nuit ou deux à « badra » qui est une place parmi tant d’autres de « Bârlâ » ou de me rendre dans l’une des montagnes environnantes. Je les ai entendus dire : Saîd a une force supérieure à celle de cinquante mille hommes, nous ne devons donc pas l’épargner.

Moi je dis : ô vous avides de ce monde vain, vous pensez connaître ce monde par vos possibilités et vos efforts pourquoi ne connaissez-vous pas ses œuvres vu que votre gestion de celui-ci est digne d’un fou. Votre peur à mon égard est illusoire et sans fondement aucun car tout le monde peut faire ce que je fais, il n’y a besoin d’être cinquante mille. Certains pourraient même faire cinquante fois plus. Vous pouvez pourtant venir jusqu’à ma porte et m’ordonner de ne pas sortir. Si votre peur dépend de mon objectif qui est d’appeler au Coran me reposant sur la force de la foi de laquelle me vient tout bien, sachez que n’est aucunement la force de cinquante mille hommes. Non ! Vous faites erreur. Ce que je fais est une grâce de la foi et d’un statut supérieur à celui de cinquante millions d’hommes. Ma force est celle du noble Coran et supérieure à toute l’hérésie propagée en Europe. Leur citadelle fortifiée est vulnérable, celle qu’ils nomment « les sciences de la nature ou actuelles ». Ceci est une grâce rattachée à ce que je diffuse des réalités de la foi et des preuves coraniques scellées qui sont bien supérieures aux plus élevées de leurs philosophies qui vaut cent fois moins que le rang des animaux. Si l’Europe entière se réunissait par ce contient votre hérésie, vous ne pourriez même pas répondre à une seule question des questions de mon œuvre ni m’en informer par l’autorisation d’Allah et Sa grâce.

Conclusion du propos :

De même que je ne m’intéresse pas à vos affaires, vous n’avez pas le droit de vous mêler de mes préoccupations pour l’au-delà. Vous ne changez pas… si vous vous occupez de vos soucis et essayez d’entrer, sachez avec certitude que vous ne parviendrez à rien et que vos efforts seront vains.

La force de votre assistance ne peut contrevenir à la détermination d’Allah

La bougie qu’a allumée le souverain ne peut être éteinte par les bouches

Les gens me projettent leurs doutes et illusions et se comportent comme s’ils avaient peur de moi. Ils s’imaginent faussement que je possède des choses, si c’était le cas leurs doutes sur la politique n’auraient pas lieu d’être comme sur la guidance, la présidence, les finances et les relations ou l’influence sur la population, ou les nombreux adhérents ou la rencontre avec les concitoyens et ma préoccupation des affaires de ce monde. Ils s’imaginent que je désire m’investir en politique et en opposition au pouvoir actuel. Et tout un tas d’autres choses qui n’existent pas chez moi. Ils demeurent dans le doute et l’illusion vue ce qu’ils s’imaginent. Ils m’ont tout interdit et quand leur est rappelée la notion du pardon de celui qui est emprisonné et à l’étranger c'est-à-dire ceux qui ne devraient pas être concernés par le pardon selon leur point de vue.

Voici une parole magnifique prononcée par un homme corrompu bien qu’artiste :

Si l’injuste possède une protection, un fusil et une forteresse

Pour Dieu une assistance sans comparaison et une face qui n’involue jamais

Moi je dis :

Si les gens de ce monde possèdent un jugement, une agressivité et un force

Dans la consécration au moyen de la grâce du Coran

Se trouve une science pure, une parole immuable, un cœur fidèle et une lumière qui ne s’éteint jamais

Le pouvoir militaire m’a questionné, en particulier celui était chargé de me surveiller, et cette question fut également posée à de nombreux amis : pourquoi ne reviens-tu pas du côté légal et officiel ? Et pourquoi ne demandes-tu pas à ce qu’on te rende une carte d’identité nationale ?

Réponse : Il y a plusieurs raisons à cela pour que je ne revienne pas vers eux, il me rende impossible tout retour.

Première raison : Je ne m’implique pas dans les affaires des gens de ce monde ni dans leurs projets bien que je fus auparavant au pouvoir et que je puisse tenter de faire un retour mais mon retour est vers le décret divin car c’est Lui qui a décrété de mon orientation.

Deuxième raison : Je me suis rendu compte que ce monde est un lieu où nous sommes invités. Il change très vite et varie sans cesse. Ce n’est pas une demeure stable et un lieu réel, ainsi ces complaintes suffisent. Je n’ai pu rester plus longtemps en mon pays où je n’ai aucun pouvoir de décision. Mon retour est une manipulation sans signification, y retourner ne signifie rien car tous les lieux de ce monde sont des lieux d’accueil. Tout homme sincère et tout lieu profitable et bénéfique est une miséricorde de la part du propriétaire des lieux et une grâce à ton égard. Tout homme et tout lieu ne sont pas des ennemis et ne sont pas des sources d’oppression.

Troisième raison : Un retour signifie une conformité aux lois alors que mes comportements et ce qu’on m’a imposé depuis six ans ne sont en conformité avec les lois. Ce qu’on m’a imposé on ne l’a pas imposé aux gens bannis mais on m’a considéré comme une personne déchue de ses droits civiques et même de ses droits d’humain. Un retour n’aurait, selon ces conditions, aucun sens alors qu’on agit envers lui illégalement.

Quatrième raison : L’un d’entre eux, le gouverneur de cette ville « Bârlâ » a mentionné mon nom afin de m’autoriser à aller à la ville de « Badra » tout proche d’ici – et l’un d’entre ces proches en faisait partie – afin de me permettre quelques jours de villégiature là-bas et finalement ils ne me l’ont pas autorisé. Comment pourraient-ils revenir ceux qui agissent ainsi sur une question si simple ? Revenir vers eux ne serait qu’humiliation et avilissement.

Cinquième raison : La recherche de la vérité de la part de celui qui y prétend faussement n’est que prétention et leur retour tromperie et une sous estimation de Dieu et un manque de respect à son égard. Je ne veux pas être complice de cette tromperie concernant les affaires divines. Salut !

Sixième raison : L’oppression de ces gens à mon égard n’a pour origine mon engouement pour la politique car ils savent très bien que je ne m’intéresse pas au monde de la politique au contraire je le fuis. Ils me punissent du fait que je me consacre à ma religion qui est ma voie. Autrement dit, ils me punissent – consciemment ou non – sous prétexte d’hérésie. Retourner vers eux reviendrait à exprimer des regrets de mon orientation et une acceptation de l’hérésie. Agir ainsi me conduirait à subir le juste châtiment divin exprimé par leurs mains si je me rapprochais d’eux ou revenais vers eux. Ils m’oppressent pour porter atteinte à ma religion et le décret divin m’oppresse du fait de mes déficiences et de mes manquements de piété et de pureté et du fait que parfois je courtise les religieux. Je n’ai par conséquent aucun recours contre cette oppression actuellement. Si j’étais revenu vers les gens de ce monde, le destin aurait dit : ô toi qui vois, goûte une partie du fruit de ton retour. Et si je ne revenais pas vers les gens de ce monde ils pourraient dire : tu ne nous reconnais pas nous devons t’oppresser.

Septième raison : Il est connu que la fonction quelle qu’elle soit elle consiste à prendre de la main de celui par qui parvient la contrainte ou l’assistance profitable pour l’ensemble. Alors que je clarifiais le goût subtil de la parole « point de divinité si ce n’est Allah » à un vieil homme décati à la porte du cimetière me vint le traitement de la personne chargée de me surveiller qui voulait m’oppresser en m’accusant d’un crime honteux. Il ne venait me voir que rarement mais à cet instant il était là, présent comme si j’avais commis un crime honteux. Il interdit définitivement à mon auditeur de m’écouter, ce qui eu pour effet d’amplifier ma colère. On sait qu’il approcha nombre de personnes de la ville à être doux et plain de respect avec ceux qui cherchent querelle et se complaisent dans la haine au sein de la communauté.

Il est connu que lorsqu’un criminel commet cent méfaits il peut répondre de sa responsabilité en allant en prison qu’il soit soldat ou militaire ou autre. Alors que celui qui était chargé de me surveillé et deux autres faisant partie du gouvernement ne demandaient jamais après moi et ne cherchaient à me rencontrer tout au long de l’année malgré qu’ils passaient souvent devant ma résidence. Je pensais qu’ils m’évitaient de peur d’être contaminés, mais il s’est avéré que cela était dû a des doutes et des idées préconçues me concernant et ils me fuyaient comme si j’allais les avaler.

Revenir vers un pouvoir dont les hommes et les représentants sont à l’image de ces personnages est une impossibilité injustifiable et ne serait qu’abaissement et humiliation et rien de plus.

Si l’ancien Saîd était encore présent il dirait comme a dit « ‘Antere » :

مَاۤءُ الْحَياَةِ بِذِلَّةٍ كَجَهَنَّمَ  ·  وَجَهَنَّمُ باِلْعِزِّ فَخْرُ مَنْزِلىِ

L’eau de la vie humilie comme l’enfer

Et l’enfer est la demeure par excellence des honneurs

Mais l’ancien Saîd n’a plus d’existence et le nouveau Saîd voit qu’il n’y a aucun sens à même parler avec les gens de ce monde. Allah les anéantira avec leur mode de vie et décrètera à leur encontre leurs propres décrets et nous jugeront lors du grand jugement pat l’autorisation d’Allah.

Voici ce que dit le « nouveau Saîd » avant de se taire :

Cela pour justifier mon refus de revenir vers eux :

Huitième raison : Le décret divin me châtie par les mains injustes des gens de ce monde. Ils ne méritent pas que je me penche vers eux en respect du principe que « la manifestation d’un amour n’est légalement dû aux gens injustes ». J’ai préféré garder mon silence car je sais que je mérite ce châtiment car j’ai travaillé comme le guide des volontaires de la Première guerre mondiale. J’ai remué les choses et sacrifié mes élèves et mes proches afin d’obtenir le commandement général des armées d’Anouar Bachâ. Je fus blessé et à mon retour de captivité je me retrouvais encore dans les difficultés en écrivant le livre « Les six pièges » par lequel je défiais les anglais qui occupaient alors Istanbul. J’ai ainsi aidé les gens qui me jetèrent en captivité sans aucun motif et ceci fut ma récompense. Ils m’ont fait goûter les difficultés et les astreintes pendant trois qui furent aussi dures que ce j’avais subi en Russie pendant trois ans.

Malgré cela les russes me considéraient comme un chef des volontaires kurdes qui tuent les causaques. Ils ne m’interdirent pas de donner mes cours. Je les donnais aux amis qui étaient avec moi en captivité, ils étaient environ quatre vingt dix. Au point où le chef russe est venu écouter une fois mon cours car il pensait que c’était un cours politique car il ignorait notre langue. Il ne m’interdit qu’une seule fois et ensuite il me laissa tranquille. Nous pûmes même consacrer une de nos pièces comme mosquée afin de prier en commun. Lors des prières j’étais Imâm et ils ne se mêlaient pas de nos prières et ne nous empêchaient pas d’avoir des relations entre nous et nous permirent d’entretenir une correspondance.

Pendant ce temps je vois ceux qui étaient mes frères de religion et concitoyens m’interdire mes cours sans raison alors que j’essayais de leur clarifier la foi. Ils savent pourtant que je me suis coupé de cette vie et de la politique et me jetèrent en prison pendant six ans – et non pas trois ans – et dans une captivité très dure. Ils m’interdirent de voir qui que ce soit et de donner mes cours jusqu’au point de m’interdire de donner des cours particuliers dans ma cellule. Ils savent pourtant que je suis diplômé pour assumer cette tâche. Ils suspendirent mes correspondances et m’empêchèrent d’accomplir ma fonction d’Imâm dans la mosquée que j’avais remplie. J’avais assumé cette fonction pendant quatre ans et ils m’interdirent ainsi la récompense de la prière en commun. Ils m’interdirent de faire Imâm pour les trois frères avec qui je priais tout le temps. Si quelqu’un dit du bien de moi, le gardien s’en prend à moi. Il essaye par tous les moyens de me rabaisser, il m’oppresse pour plaire à ses supérieurs.

Dis-moi de toi-même et juge comme tu le désires mon frère qui se questionne : celui à qui arrive ce genre de chose, peut-il revenir vers autre qu’Allah le Très Haut ? A qui peut-il se plaindre si le juge est celui qui accuse ? Ainsi, dis ce que tu veux à propos de ce qui nous arrive.

En ce qui me concerne, je dis : la plupart des hypocrites se sont infiltrés parmi mes amis et l’hypocrite est pire et plus vicieux que le mécréant. C’est pour cela que leur torture était pire que celle des russes.

Ô vous les malheureux, que vous-ai-je fais et en quoi ai-je enfreint vos droits ? Je n’ai tenté que d’éveiller votre foi et de vous informer du bonheur éternel. Il paraît que mon travail n’est voué à Allah et que par conséquent il engendre le désespoir. Mais vous voyez que vous me nuisez à chaque fois que vous en avez l’occasion. Il n’y a pas de doute que nous serons jugés au grand Jugement et je dis :

حَسْبُناَ اللهُ وَنِعْمَ الْوَكِيلُ نِعْمَ الْمَوْلٰى وَنِعْمَ النَّصِيرُ

« Allah est notre meilleur Garant et meilleur Substitut » « Il est le meilleur Maître et le meilleur Assistant ».

اَلْبَاقِى هُوَ الْبَاقِى

L’éternel est l’Eternel

Saîd Nûrsî