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Écrit 15
بِاسْمِهِ سُبْحَانَهُ · وَاِنْ مِنْ شَىْءٍ اِلاَّ يُسَبِّحُ بِحَمْدِهِ
En Son nom, Gloire à Lui
« Il n’y a aucune chose qui ne chante Sa louange »
Mon cher frère !
Ta première question est :
Il est connu que les plus insignifiants compagnons ont un rang supérieur aux saints les plus élevés. Dès lors, pourquoi les nobles compagnons n’ont pas dénoncé et accusé les pervers et ceux qui se sont écartés de la majorité. Ces gens furent à l’origine du meurtre de trois de Califes bien guidés.
Réponse :
Pour deux raisons :
Pour expliquer ce secret subtil concernant la sainteté et solutionner les difficultés identifiées par les questions. La sainteté des nobles compagnons est la « grande sainteté ». Elle est la source et le principe de la sainteté et donc l’héritage de la prophétie. Sa voie est la réalisation extérieure directe de la réalité véritable sans passer par les voies intermédiaires. C’est la voie du dévoilement de la proximité divine. Cette voie de sainteté est malgré son caractère accéléré, la plus pure et la plus élevée. Les pièges sont rares et ces dévoilements et prodiges extérieurs sont peu fréquents. Sa particularité et sa précellence sont très infimes. La plupart des prodiges manifestés par les saints le sont en dehors de leur volonté, ils ont un comportement inhabituel pour la majorité, Allah est généreux avec eux et ne leur tient pas compte. La plupart de leur dévoilement et de leurs prodiges constituent un éloge de la voie qu’ils empreintent et une indication des étapes intermédiaires de la voie. Lorsqu’ils s’isolent – en un lieu quelconque – des hommes, ils recherchent des états inaccoutumés.
Quant aux nobles compagnons (que l’agrément d’Allah soit sur eux tous) ne sortent pas de la sphère immense du cheminement qui mène à la réalité. Dans leur noblesse se reflètent les lumières de la compagnie prophétique. Ils sont capables d’assumer – ce secret – ils réalisent extérieurement cette réalité comme par exemple :
Il y a deux façons de trouver la nuit du destin qui s’est écoulée doucement la veille
La première : La succession des jours forment le cycle annuel complet qui permet de parvenir à cette nuit bénie une nouvelle fois et de la vivifier. Cela nécessite un parcours et un cheminement et de traverser toute le cycle annuel pour parvenir à cette « proximité divine ». C’est ce cheminement qui constitue la voie des gens de réalisation.
La seconde : L’échappée du corps matériel qui est conditionné par le temps et ce qu’il cache mène à la sublimation de l’esprit dépouillé et la vision de la nuit du destin qui s’écoule la veille ainsi que la nuit de la fête (l’Id) qui arrivera dans un jour. Elles sont comme si c’était le jour présent car l’esprit n’est pas conditionné par le temps. La passé et le futur sont confondus et le rapport du passé et du futur s’efface dans un temps présent.
A la lumière de cette image, le passage à la nuit du destin qui s’est écoulée tranquillement en s’élevant au degré de l’esprit permet de la voir comme si elle était présente. Le fondement de ce secret précieux est le dévoilement de la « proximité divine ».
Nous allons éclairer cela par un exemple :
Le soleil est très proche de nous car sa lumière, sa chaleur et sa forme se reflètent dans le miroir que nous tenons entre nos mains alors qu’en fait nous sommes loin de lui. Si nous étions réellement près de lui alors que nous percevons sa lumière, que nous saisissons sa forme se reflétant dans notre miroir. Nous saisissons par ce moyen sa clarté, sa chaleur et sa proximité nous est rendue possible par l’existence de ce lien nous procurant connaissance et proximité.
Mais si nous cherchions vraiment une proximité et une connaissance du soleil sachant qu’il est loin de nous, nous éprouverions d’énormes difficultés à la saisir intellectuellement. Nous parviendrions difficilement à la connaissance en ne nous reposant que sur les lois physiques du ciel et nous nous imaginerions la position du soleil au sein de l’espace universel. Nous devons nous aider de ces lois et de ces précisions pour saisir sa nature lumineuse, sa chaleur et ses sept couleurs. Ce n’est qu’ensuite que nous pouvons parvenir à comprendre vraiment sa réalité profonde et ce à l’image de la manière dont procéda le première personne en se servant de son miroir.
A l’exemple de cette image, la prophétie et la sainteté héritée de celle-là sont destinée à mettre en lumière la « proximité divine ». Parmi l’ensemble des modes de sainteté, le principal est celui qui mène à la « proximité divine », elle repose sur le cheminement de la voie spirituelle et enseigne les degrés qui permettent d’arrivée à la station visée.
SECONDE STATION
Ceux qui se trouvent derrière les évènements de scission ne sont pas le petit nombre de juifs que l’on pourrait empêcher de nuire. On pourrait arrêter ces scissions en les dévoilant mais en réalité de nombreux peuples mettent, de manière évidente, l’islam en danger. Se sont mêlés divers courants divergents et sans relation entre eux au sein de l’islam. Et en particulier ceux qui ont des prétentions sont rentrés dans le rang par la rigueur que leur imposa seyidna ‘Omar (qu’Allah l’agrée). Ils s’imaginaient être conformes et saisissaient la moindre occasion car en fait il abrogeait leur religion précédente et abolissait leur pouvoir. Disparaissaient leurs nations dont ils tiraient toute leur fierté et leur puissance. C’est en ce sens qu’il est dit que les hypocrites et les instigateurs les plus actifs comme les juifs se sont servis de situations pour leur profit.
Il est dit aussi : Seyidna ‘Omar tint un enseignement du haut de sa chaire à (al-Sâriya) l’un des chefs de guerre qui se trouvait à une distance d’un mois de marche en disant : يَاسَارِيَةُ اَلْجَبَلَ اَلْجَبَلَ « Ô Sâriya, la montagne, la montagne », il lui transmit cette consigne et ce fut un genre d’assistance pour eux en cette situation. Cet évènement célèbre éclaire la nature de la vision intérieure effective.
Voici la question : Pourquoi cette vision intérieure et perçante n’a pas vu son meurtrier (Fayrûz) qui était pourtant tout proche de lui ?
Réponse : Nous répondons à cette question de la manière qu’y répondit seyidna Ya’qûb (Jacob) (sur lui la paix). Il lui fut demandé (sur lui la paix) : comment as-tu senti l’odeur de Youssouf (sur lui la paix) à partir de sa chemise alors qu’il est en Egypte et que tu ne peux le voir vu que tu te trouves en terre de Canaan ?
Il répondit (sur lui la paix) : notre état est comme la fulgurance de l’éclair, il se manifeste parfois mais pas à d’autres occasions. Nous trouvons en certaines occasions comme quelqu’un de situer en une station très élevée qui voit tout et parfois nous ne voyons pas ce qui se trouve devant nous.
La conclusion : L’homme peut effectuer des choix bien que la volonté divine soit supérieure. Le décret divin s’impose bien que la volonté divine puisse renier celle de l’homme comme l’indique Sa parole :
وَمَا تَشَاۤؤُنَ اِلاَّۤ اَنْ يَشَاۤءَ اللهُ « Vous ne voulez que si Allah le veut » (al-Insân/30). Lorsque se manifeste le décret, la vue s’aveugle et se réalise Son ordre. Lorsque le décret est exprimé, la détermination humaine s’efface et le choix individuel disparaît.
La teneur de votre seconde question est : Quelle est la réalité des évènements qui déroulèrent dans les rangs des musulmans à l’époque de seyidna ‘Ali (qu’Allah l’agrée) ? Et comment nommer ceux qui moururent et furent tués à ce moment ?
Réponse : La « bataille du chameau » est celle qui opposa seyidna ‘Ali (qu’Allah l’grée) et son group d’un côté et Talha, Zoubeyr et ‘Aïcha (qu’Allah les agrée tous) d’un autre côté. Ce fut une bataille de la justice absolue et la justice partielle. On peut l’éclairer ainsi :
Seyidna ‘Ali (qu’Allah l’agrée) a fait de la justice absolue le fondement de sa politique et de sa gouvernance. Le procédé pour parvenir à la guerre sainte fut le même que les deux prédécesseurs utilisèrent avant lui et ses adversaires dirent : La purification des cœurs et l’épuration des âmes à l’époque des deux anciens étaient compatibles et allez dans le sens de diffuser le pouvoir de la justice absolue pour tous. Des peuples nouveaux apparurent et leurs actes et comportements prouvaient un islam faible au fur et à mesure que le temps s’écoulait. Ce groupe a conduit à des difficultés importantes à l’établissement de la justice absolue dont l’application devint très difficile. C’est ainsi qu’ils décidèrent de nouveaux fondements de la justice qui devint partielle et fruit d’un choix menant à l’opprobre.
Cependant, cette rivalité autour de ces deux choix d’interprétation influença la vie politique et la guerre s’imposa entre les deux groupes. L’interprétation de chaque groupe n’avait pour but que de trouver l’agrément divin et de parvenir au bien de l’islam. La guerre fut le fruit de ces interprétations pourtant orientées vers Allah. Il est juste de dire : celui qui tue et celui qui est tué sont tous deux des gens du paradis et chacun d’eux aura sa récompense. Selon nous, l’interprétation de l’imâm ‘Ali (qu’Allah l’agrée) était juste et celle de ses adversaires était fausse. Mais ces gens qui s’opposèrent à lui ne seront pas parmi les gens châtiés dans l’au-delà. Car celui qui interprète pour Allah a deux récompenses s’il tombe juste et s’il se trompe il n’a qu’une seule récompense. Ce qui signifie qu’il espère une récompense en faisant la guerre conformément à son interprétation et cela est un genre d’adoration c'est-à-dire qu’il est excusé s’il se trompe.
Un de nos plus grands savants à dit et sa parole est devenu un argument dans la langue kurde :
ژِى شَرِّ صَحَابَانْ مَكَه قَالُ وقِيلْ · لَوْرَا جَنَّتِينَه قَاتِلُ وهَمْ قَتِيلْ
« N’agiter pas ce qui s’est passé entre les nobles compagnons car le tueur et le tué sont tous deux au paradis. »
Le droit d’une personne exempte n’abroge pas celui de l’ensemble des gens. Autrement dit, son droit est protégé et ce sens est celui que suggère le noble verset coranique :
مَنْ قَتَلَ نَفْسًا بِغَيْرِ نَفْسٍ اَوْ فَسَادٍ فِى اْلاَرْضِ فَكَاَنَّمَا قَتَلَ النَّاسَ جَمِيعًا
« Quiconque tue une personne qui n’a elle-même ni tué ni répandue la corruption sur terre sera considérée comme s’il avait tué l’humanité tout entière » (al-Maïda/32). On ne sacrifie pas une personne pour le bien de toutes les autres. Sachant que Dieu est celui a qui est rattachée la miséricorde divine. Il ne voit pas si l’être est faible ou puissant, ainsi il ne sacrifie pas le petit pour le grand ni pour le bien d’une personne au détriment d’un groupe pour les protéger si la chose ne l’agrée pas. Si le sacrifice l’agrée et qu’Il le souhaite c’est alors une autre question.
La justice partielle revient à sacrifier la partie pour le bien de l’ensemble. Ce genre de justice ne prend pas en compte le droit de l’individu au vu du droit de la généralité. Elle transforme la justice en un genre partiel. La justice absolue est prête à être appliquée et ne se conforme pas à la justice partielle et si c’est le cas l’injustice apparaît. L’imâm ‘Ali (qu’Allah l’agrée) a dit : la justice totale est prête à être appliquée comme elle l’était à l’époque des deux anciens. C’est pour cela que le califat islamique a été institué, pour la justice totale. Pendant ce temps, ces adversaires disaient que cette justice absolue ne pouvait pas être appliquée car de nombreux problèmes se faisaient jour empêchant son application et leur interprétation les mena à une justice partielle.
Ce que l’histoire rapporte comme cause autre, ne sont pas de vraies causes mais seulement des différents et des divergences.
Si tu dis : Pourquoi l’imâm ‘Ali (qu’Allah l’agrée) n’a-t-il pas accepté comme ses prédécesseurs la direction du califat malgré ses qualités – sous cet aspect – extraordinaires, son intelligence extrême le rendant digne à assumer le califat ?
Réponse : L’imâm (qu’Allah l’agrée) était libre et apte à établir les principales responsabilités dépassant les intérêts purement politiques du pouvoir. Sachant qu’il était tout à fait capable d’assumer le pouvoir politique bien qu’on le surnommait « le seigneur des saints » et que cela était mérité. Cette station lui revenait de droit et il sortit victorieux du pouvoir spirituel à l’instar de nombreux autres califes politiques extérieurs. Il est devenu l’enseignant par excellence et sa façon de gouverner demeurera jusqu’au jour de la résurrection.
Quant à la guerre qui eut lieu entre l’imâm ‘Ali (qu’Allah l’agrée) et seyidna Mo’awiya à l’occasion de « Siffîn » c’est une guerre entre le califat et le pouvoir – le pouvoir de ce monde – autrement dit, l’imâm ‘Ali (qu’Allah l’agrée) avait pris pour fondements les statuts de la religion, les réalités de l’islam et de l’au-delà et sacrifia une partie des lois, du statut et du pouvoir et de ce qu’implique la violence de la politique pour les réalités et des statuts. Par contre, seyidna Mo’awiya et ceux qui étaient avec lui imposèrent ce que permettait la Loi sacrée et abandonnèrent la fermeté de la rigueur en vue de la vie sociale et politique de la communauté islamique. C’est pour cela que la facilité l’emporta sur la rigueur et cela était une erreur. Si al-Hassan et al-Hussein (qu’Allah les agrée) se sont dressés face aux Omeyades, en réalité il s’agissait d’une lutte entre la religion et la population. Les Omeyades se reposèrent sur les peuples arabes pour renforcer la nation islamique et les privilégièrent sur les autres, en fait ils privilégièrent une nationalité à l’islam et furent ainsi injustes envers les deux parties.
La première : Ils opprimèrent les autres peuples en qui naquirent un dégout et une aversion.
La seconde : Les règles en vigueur au sein de ces peuples et de leurs alliés étaient des règles injustes en contradiction avec la vérité et ne menant pas à la justice. Les chefs des groupes ethniques privilégiaient les gens de leur clan sur les autres, comment établirent ainsi la justice ? L’islam combattait justement tout esprit de clan propre à l’époque de l’ignorance, il n’y avait aucune différence entre un juif, un abyssin ou un chef des Qorayches qui s’était converti. Il ne pouvait y avoir de liens sociaux se substituant aux liens religieux à la clarté de cet de chose catégorique. Il ne pouvait y avoir aucune justice, les droits n’étaient pas respectés et l’équité était absente. L’imâm al-Hussein (qu’Allah l’agrée) se rattacha aux valeurs de la religion car il en était digne et il s’opposa aux Omeyades jusqu’à ce qu’il meurt en martyr.
Si on dit : Pourquoi l’affrontement ne tourna pas à l’avantage de seyidna al-Hussein (qu’Allah l’agrée) malgré qu’il était dans son bon droit et avait raison ? Et comment la miséricorde divine et le décret divin ont pu permettre un tel sort douloureux à l’imâm et les gens de la famille prophétique ?
Réponse : Si on exclut les proches de seyidna al-Hussein (qu’Allah l’agrée) nous voyons que les différents peuples qui se sont joint à eux faisaient partie de ceux qui furent dupes et subir les assauts des musulmans arabes. Leur intention en se joignant à seyidna al-Hussein (qu’Allah l’agrée) n’était pas bonne. Cette impureté et l’opacité de leur oreintation les poussa à faire demi-tour face à l’ennemi. La sagesse de cet épisode douloureux sous l’angle du décret divin est :
Al-Hassan et Al-Hussein (qu’Allah les agrée) ainsi que leurs proches et leur progéniture furent investis du pouvoir spirituel afin d’élever leurs semblables à un niveau élevé de spiritualité. Assumer le pouvoir temporel et l’autorité spirituelle était très difficile c’est ainsi que la volonté divine les écarta du pouvoir temporel et cette vie ici bas leur apparue hideuse. Il n’avait plus d’attache avec ce monde et voulurent éviter le combat menant à obtenir le pouvoir en ce monde éphémère et rechercher à assurer ce qui concerne le pouvoir spirituel immuable et noble. Ils étaient le recours des plus grands saints et ne cherchaient pas à être dirigeants du commun des mortels.
Votre troisième question : Quelle est la sagesse de ce massacre et de l’injustice que subirent ces purs et doux ?
Réponse : Nous avons précédemment clarifié qu’il y avait trois fondements à l’oppression que subit seyidna al-Hussein (qu’Allah l’agrée). Les Omeyades recherchaient le pouvoir qui engendre l’injustice et les actes déplorables.
Le premier : Les décrets politiques injustes qui sacrifiaient les individus au profit de l’état politique et de la préservation de l’équilibre de la nation.
Le second : Leur nation était bâti sur le clan et les ethnies, le juge chargé de faire respecter l’harmonie sociale appliquait des lois injustes qui sacrifiaient tout pour le bien être de l’état.
Le troisième : Les Omeyades ont concurrencé pendant longtemps les Hachimis comme cela fut évident avec « Yazîd » et ses semblables. C’est en partant de cela que l’injustice apparue et ne subsista aucune miséricorde ni douceur.
Une quatrième cause qui concerne les gens qui se trouvaient dans les rangs de seyidna al-Hussein (qu’Allah l’agrée). Le pouvoir des Omeyades régnèrent sur l’ensemble des arabes et occupèrent toutes les charges d’état et leur dédain à l’égard des autres peuples engendra la jalousie et poussa certains peuples à rejoindre seyidna al-Hussein (qu’Allah l’agrée). Leur intention n’était en fait pas pure car ils cherchaient à se venger uniquement. Cette effervescence produite par la gouvernance Omeyades entraîna une affliction douloureuse qui ne véhiculait plus aucune miséricorde, ni sollicitude, ni assistance.
Les quatre raisons que nous venons de rappeler sont des causes extérieures. Mais si nous observons la chose sous l’angle du décret divin nous voyons que seyidna al-Hussein et ses descendants (qu’Allah les agrée) visaient des effets spirituels, un pouvoir intellectuel et une élévation spirituelle. Lorsque se produit cette affliction douloureuse c'est-à-dire cette douleur difficile que rien ne pouvait surpasser visait ces stations spirituelles élevées. Par exemple : celui qui meurt martyr à la suite d’un châtiment souffre une heure et jouit des plus hauts degrés et des rangs nobles de contemplation auquel ne parviendrait pas un homme produisant des efforts pendant dix ans. Si l’on questionnait le martyr parvenu au degré contemplatif fruit de son meurtre il répondrait : j’ai obtenu une récompense immense comme rétribution d’une chose simple et facile.
Concernant votre quatrième question :
La plus grande majorité des gens entre dans la religion de Dieu après que seyidna ‘Aïssâ (Jésus) (sur lui la paix) ait tué le Dajjâl à la fin des temps, dans une version, il est rapporté que : L’heure ne se lèvera pas tant qu’il sera dit sur terre Allah…Allah ». Comment tant de gens peuvent se tromper sur la nature de la mécréance alors qu’ils ont adhéré aux principes de la foi ?
Réponse : La faiblesse de la foi pousse à renier ce qui fut révélé dans le hadîth authentique concernant la descente de Jésus (sur lui la paix) et le fait qu’il tuera le Dajjâl et qu’il se conformera à la Loi de l’islam. Si le rapport avait été clarifié, il ne serait resté aucune raison de le renier. Le sens de ce hadîth et des rapports concernant le Mahdî et le Sofyânî est que les groupes athées se réuniront pour se renforcer à la fin des temps :
Le premier (groupe) : Une personne redoutable appelée « al-Sofyânî » détestant le message Ahmadien (la prophétie de Muhammad – qu’Allah prie sur lui et le salue - ) et hypocrite prendra la tête des armées d’hypocrites et fera tout pour abolir la Loi sacrée islamique. Lui fera face une personne lumineuse de la famille du Prophète se nommant Muhammad al-Mahdî qui dirigera les gens de sainteté et les gens parfaits attachés à la voie des gens de la maison. Il tuera de nombreux groupes d’hypocrites que dirigera al-Sofyânî en tant que principe et les anéantira.
Le second groupe : Il s’agit d’un groupe d’associateurs monstrueux, ils représentent une philosophie engendrée par le point de vue naturel et matériel. Ce groupe se diffusera et se renforcera au moyen de sa philosophie matérialiste à la fin des temps et ce jusque ce que le point de divin soit rejeté. Certains d’entre s’attribueront la seigneurie comme des petits Nemrod. L’ignorant s’appropriera le pouvoir au détriment du connaissant au moyen de la force et de ses armées, chaque soldat se sentira investit de pouvoir. Le Dajjâl sera le plus fort d’entre eux, il les gouvernera et se présentera à l’aide de miracles tel la magie, l’hypnose et il en sera ainsi jusqu’à ce qu’il fasse de son pouvoir une tyrannie apparaissant comme une seigneurie et il prétendra à la divinité. Il n’y a rien d’étonnant qu’un homme faible prétende à la divinité. Celui qu’un insecte détruit et qui est incapable de créer l’une de ses ailes ne fait que se leurrer et ne mérite qu’une fin honteuse dont on puisse se moquer.
Ainsi, dans cet exemple nous voyons que ces groupes se renforceront jusqu’à ce qu’apparaisse la vraie religion avec laquelle viendra Jésus (sur lui la paix). Celui qui incarnera la fonction christique c'est-à-dire qui descendra du ciel de la miséricorde, il purifiera le christianisme actuel pour l’élever à cette réalité. Il abolira les usurpations et tromperies et se définira en fonction des réalités de l’islam. Autrement dit, le christianisme se transformera en une modalité de l’islam. Cette personne représentante des chrétiens suivra le Coran et l’islam comme un imâm que l’on suit. Il trouvera dans la religion vraie la source de sa force immense car à l’époque où le christianisme et l’islam étaient séparés – chacun son domaine – et incapables de combattre les groupes hérétiques. En se réunissant ils se renforceront et deviendront capable de les anéantir ? Dans cette circonstance exceptionnelle, le Christ (sur lui la paix) vivant corporellement au ciel sera le chef du groupe représentant la vraie religion. Quelqu’un de véridique nous a informé selon une chaîne de transmission remontant à l’Omnipotent, ce genre de rapport ne souffre d’aucun doute. Et si le Tout Puissant l’a promis, il n’y a pas de doute à avoir.
Celui qui envoie les anges du ciel vers la terre et qui prennent parfois la forme d’un humain (comme cela est rapporté concernant seyidna Jibrîl qui prenait la forme de compagnons comme Dahya al-Kalbî) et Il envoie les êtres spirituels du monde des esprits sous forme humaine. Il envoie aussi l’esprit de nombreux saints sous leur subtile en ce monde… Il n’est pas exclu que par Sa sagesse, Le Sage transcendant envoie Jésus (sur lui la paix) qui est vivant corporellement au ciel de ce bas-monde vers ce bas-monde même s’il se trouvait au fin fond de la demeure dernière. S’il est vraiment mort, le Transcendant est capable de le ramener et de le revêtir d’un corps nouveau afin de l’envoyer pour remplir sa mission extraordinaire qui consiste à sceller grandiosement la mission avec laquelle était venu Jésus (paix sur lui). Allah nous l’a promis afin d’accomplir son décret. Vu qu’Il l’a promis, il l’enverra pour sceller la religion. Il ne sera pas nécessaire que tout un chacun sache qu’il est Jésus (sur lui la paix) lui-même si ce n’est concernant sa descente en ce monde. Seule l’élite et ses proches sauront qui il est grâce à la lumière de la foi car la majorité des gens ne le reconnaîtront pas en tant que tel.
Question : Il nous a été rapporté que le Dajjâl manifestera un faux paradis dans lequel entreront ses adhérents. Il manifestera aussi un faux enfer où entreront ceux qui ne le suivent pas. Il sera tel une bête et l’une de ses oreilles sera comme un paradis et l’autre comme un enfer, son corps aura des proportions immenses… Et d’autres aspects qui permettront de le reconnaître. La question est de savoir quel est le sens de ces rapports ?
Réponse : La personne extérieure du Dajjâl est semblable à un humain, il sera comploteur et un diable stupide et présomptueux. Il insufflera la révolte et oubliera Allah le très haut au point de vouloir le remplacer dans sa rigueur extérieur et assumer le nom de la divinité.
Quant à la signification de sa personnalité qui est le groupe des athées hérétiques pervers et corpulent. Tous les rapports concernant sa corpulence évoque le caractère symbolique de sa personne. C’est comme quand on représente le chef des armées japonaises comme posant l’un de ses pieds sur l’Océan Pacifique et l’autre sur la forteresse (Bourt al-Arthar) qui est distante de l’océan de dix jours (de voyage). Ce symbole d’un petit chef comme une personne immense symbolisant la puissance militaire.
Le faux paradis du Dajjâl c’est la tentation actuelle et ses parures illusoires.
Sa bête sera comme un véhicule grand comme un train et sur sa tête un feu allumé où il jettera ceux qui ne le suivent pas. L’autre oreille de cette bête, c'est-à-dire l’autre tête sera garnie de couches comme au paradis afin que ses partisans puissent s’y reposer.
Il est vrai que le train est une bête importante aujourd’hui pour les égarés injustes. Il se présente comme un faux paradis pour les gens égarés de ce bas-monde. Il se trouve entre les mains des citadins actuels et est comme les gardiens de l’enfer qui détruit, asservit et opprime les gens de la religion et de l’islam, les pauvres !
La diffusion de la vraie religion, celle avec laquelle viendra Jésus (sur lui la paix) illuminera une majorité de gens lors de sa manifestation et surtout lors de son entrée en islam. Cela se produira peu avant la levée de l’heure, d’autres groupes d’hérétiques apparaitront et seront vainqueur et il ne restera à la surface de la terre – dans sa quasi-totalité – que très peu de gens qui diront Allah… Allah… Ce groupe ne pourra pas accomplir son œuvre bien que son rôle soit très important sur le globe terrestre.
Le hadîth ne signifie pas qu’il ne restera aucune personne sur la voie de la vérité où qui appelle à cette voie. Subsisteront les gens de la vérité mais ils seront très peu et opprimés car les hérétiques les vaincront. Cependant, ils demeureront jusqu’au jour dernier, lors de la résurrection les esprits des croyants seront saisis les premiers par miséricorde de Sa part – Gloire à Lui – ils verront alors le jugement se dresser avec rigueur sur les mécréants.
A propos de votre cinquième question : Est-ce que les esprits subsistants ressentiront les effets du jugement ?
Réponse : Oui, cela influera comme les apparitions contraignantes et terribles sous lesquelles se manifestent les anges aux gens. C’est si quelqu’un se trouvant en un lieu chaud par rapport à des gens tremblant de froid et subissant ainsi la douleur de leur état qu’ils ressentent consciemment et physiquement. De même, les esprits subsistant ayant encore conscience de leur lien avec le monde subissent les aléas des évènements terribles qui s’y déroulent. Chacun le ressent en fonction de sa situation, les indications coraniques expliquent que les esprits souffrent s’ils sont rattachés à des gens voués au châtiment. A l’inverse, s’ils sont rattachés à des gens apaisés ils ressentent le bien être et l’émerveillement. Le Coran nous rappelle de manière menaçante les choses extraordinaires se déroulant lors du jugement dernier comme lorsqu’il dit : « Vous verrez ». Ceux qui verront ces évènements avec leurs facultés humaines sont ceux qui parviendront à l’apparition de l’heure parmi les hommes. Alors les esprits séparés des corps dans leurs tombes percevront une partie de ce dont la Coran menace.
A propos de votre sixième question : Est-ce que ce verset ;
كُلُّ شَىْءٍ هاَلِكٌ اِلاَّ وَجْهَهُ « Toute chose est périssable sauf Sa Face » (al-Qaçaç, 88) comprend les évènements de l’au-delà comme le paradis, l’enfer et leurs habitants, ou non ?
Réponse : Ceci est une question souvent évoquée par les savants réalisés et les gens du dévoilement intuitif ou les saints et les pieux. Leur parole à ce sujet nous enseigne que ce noble verset est très large et peut se rattacher à de très nombreux aspects. Le groupe le plus important de ces réalisés dit : ce verset ne concerne pas le monde immuable, alors que d’autres disent : ces mondes seront soumis à un genre de destruction lors d’une période très courte sachant qu’ils sont appelés à être créés de nouveau. La période de disparition sera telle qu’on ne la sentira même pas.
Quant à ce que pense certains initiés jouissant du dévoilement intuitif consistant à penser que tout devra disparaître, cela n’est pas juste et mal formulé. L’Essence divine est permanente et éternelle et donc Ses attributs et noms doivent également être de même nature, c'est-à-dire éternels. Si Ses attributs et noms sont éternels, les gens de la permanence demeurent éternellement dans le royaume de la permanence qui est Son miroir, Sa forme expressive, Sa mise à jour et Sa manifestation. Il est impossible que tout cela disparaisse totalement.
Me sont venus soudainement à l’esprit deux grâces du sage Coran que je vais exposer d’un coup :
La première : La puissance divine n’a pas de limite au point que l’existence et la non existence dépendent de Sa puissance et de sa volonté comme deux stations distinctes. Il envoie en chacun de ces domaines les choses et les en extrait avec la plus grande simplicité et facilité. S’Il le veut Il les en extrait en un jour unique voire en un instant unique.
Le néant absolu n’a pas d’existence est ne peut être fruit d’une science sachant que rien ne se trouve en dehors de la science divine. Le non manifesté est ce qui se rattache à la science divine et constitue le voile de l’existence manifestée. Certains initiés réalisés ont qualifié les choses existenciées ne relevant que l’intelligible par l’expression « les essences immuables ». Dire que tout est transitoire, c’est contesté la possibilité que les choses puissent être momentanément manifestées ou qu’elles parviennent à la sphère intelligible. Les choses qui disparaissent sont dépossédées du vêtement de la manifestation et retourne à leur nature originelle et échappe à la sphère de la science possible.
Le second point : Nous avons clarifié dans plusieurs « Segments » que tout ce qui est éphémère disparaît, mais sous leur aspect essentiel, rien n’a d’existence propre et rien ne possède de réalité permanente par soi-même. Mais ces mêmes choses sous l’angle divin – si on prend les choses à la lettre – ne sont plus éphémères car elles véhiculent les noms divins qui eux sont éternels et ne peuvent disparaître. Ils comportent en eux le caractère d’immutabilité et une réalité immuable qui est la réalité infime car elles nécessitent un aspect d’évanescence permanente qui relève du nom l’éternel.
Ainsi la parole du Très Haut : كُلُّ شَىْءٍ هاَلِكٌ اِلاَّ وَجْهَهُ « Toute chose est périssable sauf Sa face » est une épée tranchante coupant la main de l’homme de tout ce qui est autre qu’Allah le Très Haut. Ce verset opère une rupture avec les choses éphémères de ce monde transitoire et de tout ce qui sort de la voie divine. Le sens de ce verset concerne alors les choses éphémères de ce monde dans le sens où si une chose est dans la voie d’Allah est selon la Face divine et ne concerne rien d’autre que Lui et ainsi les nuques sont frappées par ce noble verset :
كُلُّ شَىْءٍ هاَلِكٌ اِلاَّ وَجْهَهُ « Toute chose est périssable sauf Sa face ».
Conclusion du propos :
Sachant que le commandement est à Allah, l’existence n’est autre qu’Allah au point de couper les têtes. Mais si on ne trouve pas Allah et que l’on ne s’oriente pas vers Allah, toute chose est vue comme différente de Lui et alors l’épée se retourne contre celui qui voit ainsi : كُلُّ شَىْءٍ هاَلِكٌ اِلاَّ وَجْهَهُ « Toute chose est périssable sauf Sa face » il doit alors déchirer le voile jusqu’à ce qu’il perçoive Allah le Très Haut.
اَلْبَاقِى هُوَ الْبَاقِى
L’éternel est l’Eternel
Saîd Nûrsî