Les Écrits
Reading modeÉcrit 13
PDF

13 / 35

Écrit 13

2,144 words10 min read

بِاسْمِهِ سُبْحَانَهُ  ·  وَاِنْ مِنْ شَىْءٍ اِلاَّ يُسَبِّحُ بِحَمْدِهِ

اَلسَّلاَمُ عَلٰى مَنِ اتَّبَعَ الْهُدٰى وَالْمَلاَمُ عَلٰى مَنِ اتَّبَعَ الْهَوٰى

En Son nom, Gloire à Lui

« Il n’y a aucune chose qui ne chante Sa louange »

Que la paix soit sur ceux qui suivent la bonne voie… et le blâme sur ceux qui suivent la voie de l’errance !

Mes chers frères !

Beaucoup de gens m’ont questionné sur mon état, mon repos et de ma mise à l’écart des responsabilités et de mes occupations au sein du monde politique. Cette question est récurrente et cherche à clarifier le sens de ma mise à l’écart. Je suis obligé pour répondre à cette question de faire appel à « l’ancien Saîd » et non au « nouveau Saîd ».

Votre première question : Comment allez-vous ? Etes-vous bien et en paix ?

Réponse : Je louange Allah le Très Haut d’une louange sans fin ! Il a transformé des injustices et agressions que m’adressaient les gens de ce bas-monde en grâce et miséricorde et ce grâce à vous !

Alors que j’étais seul dans un recoin de la montagne et que j’avais renoncé à la politique et à ce monde et occupé aux actes de l’autre monde, des gens de ce bas-monde vinrent à moi pour m’ennuyer et m’agresser. Le Créateur, Clément et Miséricordieux a fait de cette retraite une miséricorde pour moi en m’isolant en un lieu consacré à l’épuration et la sécurité. Ma retraite dans la montagne de Bârlâ est pleine de sérénité, de paix et d’épurement. Lorsque j’étais en Russie je priais Allah qu’il m’accorde de finir mes jours dans un coin retiré. Et Allah a fait de Bârlâ ce lieu de retraite et m’a ainsi exaucé et facilité les choses. Je n’ai pas été apeuré comme les gens faibles craignant l’isolement je n’ai subit que l’angoisse de mon imagination et de certaines personnes. Je pensais aux gens cherchant mon bien et mon salut et leur pensée m’oppressait car ils étaient absents.

Ce sont surtout les gens de ce bas-monde qui fournirent à mes ennemis des armes pour m’emprisonner mais je leur ai pardonnés. Ils m’interdirent leur confiance mais mon seigneur me maintint dans cet exil afin de me mettre au service du Coran. Je passais mon temps à écrire ces lumières coraniques que j’ai nommé les « Segments ». Il m’a maintenu dans cet exil dépourvu de chahut ni vacarme et en a fait un lieu de miséricorde abondante.

Les gens de ce bas-monde pardonnent aux gens de réalisation, aux maîtres, aux présidents et aux clans (parmi les négateurs) parmi ceux qui influent sur leur vie. Ils leur permettent de se maintenir à leur place importante, ils pardonnent aussi à leurs proches et l’ensemble de leur connaissance en les visitant. Mais ils m’ont imposé une vie de solitude, d’obscurité et d’adversité en m’envoyant dans une petite ville. Ils n’ont rien pardonné à mes proches et aux gens de ma région – à l’exception d’un ou deux – en me visitant. Mon sublime Créateur à transformé cet isolement en miséricorde surtout à mon égard. Il a fait de cet exil l’occasion de ma purification et de mon épurement en m’éloignant des préoccupations. Il m’a accordé la profusion du sage Coran dans toute sa pureté et sa limpidité.

Mais les gens de ce monde m’ont dès le début harcelé, j’ai écris une lettre ou deux de plaintes et ce sur une durée de deux ans. Mais jusqu’aujourd’hui, ils ne me laissent pas tranquille lorsque je reçois une visite. Je ne recevais qu’une visite ou deux tous les dix ou vingt jours si ce n’est une fois par mois. Ces visites n’étaient que la recherche de l’agrément et des bienfaits de l’au-delà e rien d’autre. Ils m’ont privé de mon droit mais mon Seigneur est Clément et mon Créateur est Sage, Il a changé cette injustice en miséricorde et m’a octroyé une retraite enviable et un isolement que j’acceptais volontiers. J’y ai reçu en trois mois ce que reçoit un homme en quatre vingt dix ans d’une vie intellectuelle. Louange à Allah en tout état.

Ceci est mon état et la forme de mon repos.

Votre seconde question : Pourquoi ne convies-tu pas (les responsables) à assumer la profession de foi ?

Réponse : Sur cette question je suis soumis à la décision divine, je n’ai pas d’emprise sur les gens de ce bas-monde. C’est le destin qui s’accomplit, je partirai d’ici lorsque le destin l’exigera et que je n’aurais plus de quoi manger ici.

Cela signifie que tout ce qui advient à l’homme réside dans deux causes majeures :

La première : c’est une cause extérieure et l’autre est une cause réelle.

Les gens de ce bas-monde représentent une cause extérieure venant à moi. Quant au destin divin il est la vraie cause. Il a jugé pour moi de cet isolement alors que la cause extérieure est une injustice, la cause réelle est juste. La cause extérieure repose sur cette réflexion : Cet homme est au service de la science et de la religion exclusivement, peut être qu’il finira par s’occuper de nos affaires. Ils m’ont donc écarté de cette possibilité et ont ainsi été injustes envers moi de trois façons.

Le destin divin m’a permis d’œuvrer pour la science et la religion exclusivement et a donc fait que je sois isolé. Il a transformé leur injustice en miséricorde bénie.

Tant c’est le destin qui se trouve à l’origine de mon isolement, c’est juste. Je m’en remets à lui et lui consacre mes efforts. La cause extérieure n’est pas sienne, il n’y eut que des plaintes injustifiées. Leur comportement n’a aucun sens et n’engendre aucun profit. S’il avait raison ou des arguments solides peut être qu’ils se seraient repentis.

En ce qui me concerne, j’ai abandonné leur vie définitivement – déçu d’elle – le jour où je me suis opposé à leur politique, tout ce qu’ils imaginaient, leurs doutes et leurs opinions n’avaient aucun fondement. C’est pour cela que je n’espère même pas une once de vérité au sein de leurs opinions et imaginations de compromis. Si j’avais le moindre espoir de trouver un compromis à leur politique sociale dont la corde se trouve entre les mains d’étrangers, cela serait apparut en quelques heures mais cela fait maintenant des années. Pendant quatre ans j’ai veillé et rien ne s’est manifesté. Or, œuvrer pour le Coran est bien plus noble, élevé et efficace que toutes les politiques. Pourquoi se plonger dans la vie politique de ce monde dont la principale occupation est le mensonge.

La seconde cause qui fait que je ne les ai pas rejoints est que l’appel de la Vérité à travers ce qu’ils considèrent l’erreur comme la vérité et je ne veux m’associer à ce genre de déviation.

Votre troisième question : Pourquoi ne t’occupes-tu pas de ce qui se passe en politique internationale. Nous te voyons conserver le même comportement devant les évènements qui s’étalent dans les journaux. N’es-tu pas soucieux ou as-tu vraiment peur pour te taire ainsi ?

Réponse : Le service du Coran noble est ce qui m’occupe bien plus que les préoccupations d’ordre politique, je n’y pense même plus. Le cours de ma vie prouve que la peur n’a pas d’emprise sur moi et ne m’atteint pas quand je considère être dans la vérité. D’où pourrait venir ma peur ? Je n’ai plus de lien avec cette vie si ce n’est le temps qui me reste. Je n’ai ni famille, ni enfants pour me préoccuper d’eux. Je n’ai à penser à aucun avenir, ni parti ni relation. Qu’Allah fasse miséricorde à ceux qui pensent pouvoir changer soin décret ou qui prête attention à l’opinion qui n’est qu’ostentation et prétention mensongères, le mieux est de s’en préserver… Il ne me reste que mon destin, il se trouve entre les mains de mon créateur divin et unique. Nous préférons de loin une mort douce à une vie d’égarement.

L’un d’entre eux a dit comme « l’ancien Saîd » :

وَنَحْنُ اُنَاسٌ لاَ تَوَسُّطَ بَيْنَنَا  ·  لَنَا الصَّدْرُ دُونَ الْعَالَمِينَ اَوِ الْقَبْرُ

Nous sommes un peuple sans intermédiaire entre nous

Nous avons une poitrine en dehors des mondes et de la tombe

C’est un travail pour le Coran dépourvu de visées concernant la vie sociale et politique car, la vie humaine n’est qu’un véhicule ou une caravane qui passe. J’ai pu voir grâce à la lumière du Coran sublime en cette époque que le chemin de cette caravane les mène vers un lac fétide. L’humanité a du mal à suivre ce chemin et ne parvient pas à se relever et demeure dans un état déplorable. Seule une partie d’eux parvient à cheminer en sécurité, l’autre partie trouve des moyens d’éviter les bourbiers et les endroits fétides et enfin une autre partie qui est majoritaire traverse l’obscurité et les dangers de ces endroits fétides et de ces bourbiers. Vingt pourcent d’entre ceux dont le visage est souillé de cette boue infâme pensent qu’il s’agit de musc ou d’ambre car on les glorifie. Parfois ils se lèvent et parfois ils s’assoient et vivent ainsi jusqu’à la fin.

Les quatre vingt pourcent restant savent de quoi il en retourne vraiment et ressente le caractère vil et infâme mais restent perplexes car ils ne perçoivent pas le chemin de la sécurité.

Il y a deux genres de remèdes à cette situation :

Le premier : réveiller les vingt pourcent dont certains à coup de matraque.

Le second : Montrer la voie de la sécurité et de la pureté aux gens perplexes en manifestant la lumière de cette voie (c'est-à-dire en les guidant).

Je vois que les quatre vingt pourcent tiennent une matraque dans leur main pour sévir contre les vingt pourcent alors qu’eux-mêmes sont égarés. Ils sont perplexes et ne voient pas la lumière divine. Même s’ils voient la lumière ils auraient une lumière et un bâton dans leurs mains. Ils demeurent dans une perplexité et une angoisse. Je vois que ces gens se présentent avec une lumière pour, en fait, me frapper avec une matraque. Si la matraque se brise à force de frapper, la lumière disparaît et l’apaisement aussi. C’est ainsi qu’est le bourbier, c’est la vie sociale de l’homme, futile, vaine, insouciante et souillée par l’égarement. Ces enivrés sont les rejetés qui se réjouissent de l’égarement. Les perplexes perçoivent l’injustice mais ne parviennent pas à y échapper. Ils désirent la pureté mais ne sont guidés sur cette voie… ils restent perplexes.

La matraque est le processus politique et les lumières sont les réalités coraniques. Cette lumière n’influe pas sur leur état et n’accepte pas la contradiction. Ne fuit devant ces lumières que le Shaytân lapidé. C’est pour cela que je dis :

اَعُوذُ بِاللهِ مِنَ الشَّيْطَانِ وَالسِّيَاسَةِ

Je me protège contre le Sahytân et la politique. C’est aussi pour cela que je veille sur la lumière du Coran, je préserve mes mains par cette lumière afin d’éviter cette matraque politique.

J’ai pu voir que dans les procédés politiques – que ce soit lors d’accords ou de désaccords – une nostalgie de cette lumière. L’enseignement coranique qui mène d’un lieu pur, sain et exempt de saleté à l’ébullition des cerveaux qu’engendrent les procédés politiques et les ambitions. Elle doit mener à un niveau élevé et infime il importe que rien ne soit dissimulé et qu’aucun doute ne subsiste. Mon Dieu, ceux qui pensent que la mécréance et l’hérésie sont la politique et s’y précipitent ne sont que diables sous forme humaine ou des animaux dans un corps d’homme.

Louange à Allah je suis grâce à mon esseulement épargné de ces milieux politiques. Je ne veux pas déprécier la valeur des réalités coraniques qui sont ce qu’il y a de plus précieux. Je ne cherche pas à m’en servir tel un verre tranchant ou comme un outil politique. Mais cela augmentera la valeur de ce joyau coranique tant que les jours s’écoulent et sera embelli aux yeux de tous les peuples.

وَقَالوُا الْحَمْدُ ِللهِ الَّذِى هَدٰينَا لِهٰذَا وَمَا كُنَّا لِنَهْتَدِىَ لَوْ لاَۤ اَنْ هَدٰينَا اللهُ لَقَدْ جَاۤءَتْ رُسُلُ رَبِّنَا بِالْحَقِّ

« Louange à Allah qui nous a guidés jusqu’ici, nous n’aurions pu y être conduits si Allah ne nous avez pas guidés. Les envoyés de notre Seigneur étaient bien venus pour apporter la vérité » (al-‘Arâf 43)

اَلْبَاقِى هُوَ الْبَاقِى

L’éternel est l’Eternel

Saîd Nûrsî